Behind Our Melody
Acte IV



   



Nous voici au Dernier acte de Behind Our Melody.
Je vous souhaite une très bonne lecture.
N'oubliez pas d'écouter les musiques que vous rencontrerez au cours de l'histoire.

Sur ce je vous dis à la prochaine partie ! ^^

Meiko



Behind Our Melody
Acte V


Thème Premier : Flawed - Delta Goodrem



Lyrics complètes: ICI


_ Bienvenue dans le sanctuaire des Dieux de l'est Mademoiselle!
_ Plutôt le paradis oui!
_ Et nous sommes les plus beaux chérubins.
_ bah non on est des dieux. On peut pas être nos propres anges, réfléchis!
_ Ça le sera quand elle pourra entrer, laissez-la passer au moins!

La jeune photographe venait tout juste de sonner, légèrement anxieuse et éreintée.
Il avait fallut qu'elle travaille dès son arrivé au studio et avait à peine pu passer chez elle se préparer qu'il était l'heure de rejoindre le chauffeur. Arrivée à leur immeuble, il y avait toujours une horde de fans.
Elle dut passer très rapidement, en prenant soin de cacher son visage, au cas où certaines de celles qui l'avaient poursuivie avec Lui étaient parmi elles.

Elle était donc enfin arrivée, exténuée mais ravie et stressée d'être avec eux 5, de pénétrer dans leurs vie, dans leur intimité.
Le membre qui l'avait questionné plus tôt dans la journée l'attrapa par le poignet afin de forcer le barrage que formait les 3 autres membres.

Une fois débarrassée de son long manteau, dévoilant une tenue qu'elle avait pris soin de choisir, malgré le temps qui la pressai, une jupe noire assez évasée, qui virevoltait à chacun de se mouvement, une chemisier blanc rosé cintré, elle le suivit dans le salon.

_ Il est en train de se préparer je crois. Il m'a fait savoir que vous savez jouer du piano, vous pouvez aller en jouer si vous voulez, le temps qu'on finisse de tout préparer pour le diner.
_ Je... Enfin je peux peut-être vous aider.
Il sourit. Elle semblait déstabilisée, et cela l'amusait. Il comprenait pourquoi il l'appréciait tant.

_ Il n'en est pas question. Vous êtes une invitée, vous n'avez pas à faire quoique ce soit. Et puis, il ne nous le pardonnerait pas...
_ Je ne te pardonnerais pas quoi?
_ Oh tu es là... Mais rien, mais tu pourrais au moins  te vêtir un peu plus...

Il avait enfin fait apparition au seuil de la porte menant au couloir. Comme sa tenue le laissant comprendre, il sortait vraiment de la douche. Il ne portait qu'un jean délavé, le torse nu, une serviette sur les épaules, une autre sur la tête d'où s'échappaient des mèches encore trempées,.
_ Bah pourquoi? On a le président à la maison?
_ Non... Juste ton invitée.
_ Que.. Quoi?

Il pencha la tête afin de voir la jeune femme qui était derrière son ami. Elle s'efforçait de regarder ailleurs, bien qu'elle souriait d'un air à la fois moqueur et amusé, les joues cependant roses de confusion et de gêne. Et cela devait être contagieux, car le rouge monta aussitôt aux joues du chanteur, qui tenta de se cacher un peu avec sa serviette.

_ Aish, désolé! Je.. hum j'arrive.
_ Oui, heureusement que tu avais un jean quand même...
Mais le jeune homme s'était déjà enfui.

I don't wanna be broken
I wanna be laughing on a Saturday night

_ Il est nul... J'ai honte, désolé.
_ Ne vous en faites pas. Je ne peux pas dire que cela m'ait déplu. Juste... Surprise.
_ C'est normal... Nous parlons d'un DBSK. Combien tuerait pour être à votre place ce soir.
_ Cette personne ne sait pas à quoi elle s'expose en ayant cette envie hostile.
_ Je... Ne voulais pas vous offenser.
_ Il n'y a pas de mal, le rassura-t-elle en un sourire. Je sais que cette hystérie autour de vous ne vous enchante pas plus que cela. J'en ai d'ailleurs vu en bas de l'immeuble... C'est affligeant.
_ En effet. Désolé, vous avez du avoir du mal à entrer également. Veuillez m'excuser, je vais finir d'aider. Vous connaissez le chemin pour le piano, vous traversez le couloir, où se trouvent les chambres, tout au fond porte à gauche.
_ Merci encore.

Voyant l'effervescence dans le salon où trônait un arbre de Noël, la jeune photographe jugea qu'il valait mieux s'éclipser au calme et prit la direction de la salle de musique.

Alors qu'elle allait actionner la poignée, deux bras l'enlacèrent et la tirèrent en arrière, contre un torse qu'elle se surprit à reconnaître alors qu'une des mains qui la tenaient captive ferma la porte devant elle, l'enfermant dans une chambre.

_ Vous êtes habillé j'espère...
_ Hélas oui, autant que vous à mon plus grand malheur, gémit-il en la tourna face à lui.
_ S'il vous plait...
_ Désolé. Je souhaite juste... Passer un moment intime avant de devoir vous partager.
_ Je ne suis pas un objet inanimé.
_ Oh je le sais. Au vu des battements de votre  coeur, je le sais.

Elle le regarda, soupirant face à ce sourire auquel elle n'arrivait décidément plus à résister. Ou plutôt, face auquel elle ne voulait plus résister.

_ On devrait rejoindre vos amis. De plus s'ils n'entendent pas le piano...
_ Vous me préférez à ce piano?
_ ... Question piège.
_ Très drôle, vraiment... Allez s'il vous plait. Trois minutes.
Un -nouveau- soupir d'abandon résonna.

_ À quoi bon résister.
_ Surtout quand vous le désirez aussi.
_ Je dois avouer qu'aujourd'hui, il fut pénible et en même temps agréable de vous photographier, souffla-t-elle, alors qu'il la prenait un peu plus dans ses bras, sans trop oser la serrer. Alors autant en profiter maintenant.
_ Pénible, pourquoi? Agréable, je peux me douter.
_ Ce n'est  pas la modestie qui vous tue.
_ Avouez que notre groupe a peu de raison de l'être... Mais répondez.
_ Hum l'humilité et vous... Bref. Pénible car...
Elle était sur le point d'agrandir une faille dans son masque de femme insaisissable. Et cela l'énervait. Mais en même temps...

_Parce que je ne pouvais pas vous observer à ma guise et...
_ Et?, murmura-t-il à son oreille, alors qu'il l'acculait un peu plus contre la porte, ses lèvres déviant vers la gorge de la française, qui se faisait violence de ne pas embrasser cette bouche tentatrice.

_ Et vous voir entouré m'exaspérait. Ces maquilleuses, habilleuses, coiffeuses... Et les fans cachées un peu plus loin... Vous savoir si près, et ne pas en profiter me coûtait énormément. Mais difficile d'avouer que durant les prises j'avais le sentiment que... vous m'apparteniez. Et la partie pénible sera le fait que lorsque le photobook sortira, chacune de vos fans vous possèdera aussi en quelques sorte.
_ Oh... Vous êtes tout aussi jalouse et possessive que moi finalement.
_ Peut-être. À la différence que moi, je ne suis pas placardée sur des milliers de murs, ni imprimée sur des tonnes de goodies que des ados et gamines pré-pubères s'arrachent.
_... Certes. Dites-vous alors que grâce à ces gamines, vous avez pu vivre à mes côtés pendant quelques temps.
_... Hum, je dois l'admettre... Bon maintenant que vous êtes habillé, nous pourrions...
Mais elle se tût en voyant le visage de son vis-à-vis ébloui par un étrange sourire.
_ Quoi?
_  C'est typiquement français cet orgueil?
_ Je ne suis pas org...
_ Non, ne vous en faites pas... J'adore ça.
_ Ha... Dans ce cas je dois dire ... Votre gaucherie attendrissante et votre ego parfois démesuré me sont plus sympathiques que ceux d'autres artistes.
_ Est-ce une manière retorse et pernicieuse  de dire que vous succombez et vous avouez vaincue?
_... Partiellement. Bizarrement c'est moins avilissant que je ne le croyais, souffla-t-elle, ne résistant plus à son envie quasi vitale de joindre ses lèvres aux siennes.
Évidemment, il ne s'en priva pas, glissant ses mains sur les reins féminins, en remontant une vers la nuque de la photographe.

_ Dites moi...qu'auriez-vous aimé faire, si nous avions été seuls sur les shoot? Si ce n'avait pas été ainsi?
_ Je... Vous observer me comble assez.
_ Vous en êtes sure? S'enquit-il d'une voix soudain plus sensuelle. Trop sensuelle. Ses lèvres, qui avaient déviés à nouveau sur son cou, remontèrent vers sa bouche, qu'il se contenta d'effleurer lascivement.
_ Vous me prenez pour quel genre de femme? S'indigna t-elle légèrement.
_ Pour une femme vivante. Amoureuse peut-être. Mais ne vous méprenez surtout pas.

Elle se défit de son étreinte, et lui tourna le dos, tendant la main vers la poignée. Cependant, les doigts  du chanteur s'enroulèrent autour, tandis que son autre main entoura sa taille, collant son dos contre son torse finement musclé. Sa bouche alla explorer sa nuque, son souffle chaud la faisant frissonner de délice, malgré elle.
_ Vous êtes vexée. Je suis désolé. Je ne voulais pas...
_ Ne vous inquiétez pas...
_ Si. Vraiment quand je suis avec toi... Je ... Je ne me reconnais pas. Je ne me contrôle pas aussi bien que d'ordinaire... C'est tellement énervant.
_ Moi je préfère que vous vous montrez à moi avec votre vraie personnalité. Vous voir comme avec d'autres femmes ne m'intéresse pas. Ce que je veux....
Elle s'interrompit, et se tourna vers lui, planta son regard tranchant dans le sien. Le brisant. Le déstabilisant.

_ Ce que tu veux..?
_ Ce que je veux... C'est... quelque chose que hélas nous ne sommes pas autorisés à avoir.
Sur ce, elle posa la main sur la poignée. Mais il ne la lâcha pas pour autant.

_ Dites le. Allez-y...
_ Je veux une chose, que nous avons recherché toute notre vie. Que nous savons que seul l'autre peut nous offrir. Bien que nous ne pouvons pas.
_ Qui vous a dit que nous n'avons pas le droit à l'avoir. Au bonheur. A l'amour.
_ Je ne vous parle pas d'amour ici, rétorqua-t-elle sèchement.
_ Bien sur. On ne parle pas d'amour. Désolé, lâcha-t-il, amusé.
_Bon allons-y. Et vous savez pourquoi nous ne pouvons pas être plus proche. Vous êtes la star, je suis la photographe.
_ Et vous êtes française, je suis coréen.
_... En effet. Et d'ici deux semaines ou trois, je retournerais à Londres.

Elle ouvrit enfin la porte, il était sur ses talons.
_ Déjà deux semaines...
_ Et oui... Mais que voulez vous, nous savions très bien qu'un jour... Qu'un jour...
_ On devait être séparé à nouveau. Peut-être pour toujours. On ne .. se reverra peut-être jamais.

Le coeur de la photographe loupa un battement.

_ Ne jamais dire jamais est un de mes principes. Et cela ne vous ressemble pas je trouve.
_ Comment pouvez-vous dire que cela ne me ressemble pas. Ce n'est pas avec le peu de temps passé ensemble que...
_ C'est vrai. Mais ce n'était pas nécessaire de le remarquer. C'est juste que... C'est vous qui m'avez fait venir ici. Et le fait que vous me dites maintenant qu'on ne se reverra jamais est assez malvenu de votre part.

Elle allait déboucher enfin dans le salon, où étaient réunis les 4 autres chanteurs. Il murmura juste assez fort pour qu'elle seule entende:

_ Vous n'avouerez donc jamais que vous souhaitez que notre relation soit plus...  stable. Malgré tout les efforts parfois malhabiles je l'avoue que j'entreprends...
Elle tourna la tête vers lui alors qu'il passait près d'elle, et le vit gêné, les yeux plissés par la gêne, et la désolation.

Elle eut envie de sourire pour le rassurer. Mais elle ne parvint qu'à esquisser l'ombre de son sourire chaleureux qui lui était réservé.
Il l'avait blessée avec une vérité qu'elle ne voulait pas admettre. Cela lui faisait mal de savoir qu'elle allait le quitter. Mal comme jamais elle n'avait ressenti cela auparavant.
Elle pensait, naïvement... non, elle rêvait naïvement qu'il pouvait leur arriver quelque chose. D'être réellement amoureux l'un de l'autre. D'être deux être banals. Mais ils étaient loin de l'être. La banalité n'a plus fait partie de leurs vies depuis que leurs talents avaient été révélés.

Instinctivement, alors qu'elle ralentissait, elle put glisser sa main dans la sienne, grande, chaude.
Instinctivement, il enlaçait ses doigts des siens.

_ Dites moi qu'on fera tout pour que le rêve perdure. J'ai... J'ai envie d'y croire tu sais?
Il se retourna enfin vers elle, resserrant sa main.
_ J'y crois aussi... Depuis le premier soir j'y ai cru. Ce n'est pas pour rien que vous êtes là maintenant.
Elle tira sur sa main, et colla ses lèvres contre les siennes. Un baiser qui pour une fois n'eut pas grand chose de tendre. Très peu.
C'était plus un baiser désespéré. De soulagement...

_ Je t'aime.
_ ... Moi aussi... Plus que tout.

L'un comme l'autre sursautèrent. L'espace de quelques secondes, ils crurent chacun que leur vis-à-vis venait de se déclarer... et qu'ils avaient répondu machinalement...
 Ce n'est que quand ils entendirent les 4 autres jeunes hommes pousser des cris «  enfin, elle lui a dit », «  ah c'est trop mignon » qu'ils comprirent qu'ils s'agissait en réalité de la télévision.
Ils se mirent à rire comme des enfants, se moquant de leur propre bêtise.
Qu'ils auraient aimé que cela soit eux.
Mais ils doutaient qu'un jour...

Elle laissa finalement sa main glisser de la sienne.
Il leur fallait ré-endosser leurs rôles.

Ils rejoignirent à tables les 4 autres jeunes hommes. Commença alors une discussion animée de rires, de cris... De vie.

Le repas s'ensuivit, délicieux, accompagnés de boissons alcoolisées, d'autres pas. Les langues se délièrent un peu, mais tout resta enfantin... Elle en apprit beaucoup sur lui, sur leur vie de groupe. Quand il tentait de l'interroger, elle sut faire preuve d'un contrôle, qui même sous l'effet de l'alcool, ne lui échappa pas.


Surrounded by strangers who don’t have a clue
That I'm struggling to find the light


Elle qui vivait constamment dans le silence, ou l'incompréhension, elle se sentit happée dans une bulle de bonheur un peu oppressante.
Des amis... Elle en avait. Elle en a toujours. Très peu maintenant. Mais ils lui restent fidèles. Ce sont également ses collègues de travail, les seuls qu'elle puisse supporter... Les seuls qui connaissent son passé, mais juste le nécessaire. Ses problèmes qu'elle avait laissé de côté, mais rien de trop personnel.

I don’t wanna be open

Cependant, jamais elle n'eut une telle effusion de joie. Et elle sentait que pendant les moments de douleurs, cet esprit de groupe n'en était que plus fort.
Dans ces instants, elle, se trouvait plus seule que jamais. Dans son métier... Dans son esprit, la compassion « d'amis » est plus basse que la pitié.. Pourtant, Dieu sait qu'elle aurait aimé être soutenue... Mais son caractère l'en empêchait. Autant que son orgueil.

Jamais elle ne s'était sentie aussi à l'aise.
Il suffisait qu'elle le regarde, furtivement... Pour que tout aille mieux.

 wanna be a photograph under exposed

Il suffisait qu'il la regarde, juste lui, pour qu'elle se sente humaine.
Il suffisait que leurs regards se croisent... Pour qu'ils se sentent compris.

_ ça ne va pas?

Elle s'était retrouvée adossée contre le mur du balcon – pas trop près pour éviter d'être vues par des furies-, une couverture fine sur les épaules pour ne pas attraper la mort. Un verre d'eau à moitié vide à la  main, son sac à main à ses pieds. Le regard dans le vague...

_ Je... pardon?
_ Vous sembliez si perdue dans vos pensées...
_ Oh. Désolée. C'est que... Je ne suis pas habituée à une ambiance aussi... bruyante que celle-ci, murmura-t-elle en posant son verre sur une petite table en pierre appuyée pas loin de la fenêtre, sa main venant doucement masser sa tempe.
_ Oh... On vous a fatiguée. Je suis navré. Vous avez la migraine.
_ Non non du tout. J'aime.... J'aime beaucoup être auprès de vos amis et vous, laissa-t-elle échapper en un sourire.
_ Hum... Il est vrai que vous êtes bien plus vous-même en leur présence que seulement avec moi, soupira-t-il.
_ Vous.. Vous cherchez à me faire culpabiliser. Sauf que c'est loupé, je n'ai pas de raison de culpabiliser.
Il la regardait, il ne dit rien, il souriait encore et encore...
_ Vous ne nous rendez pas la vie simple vous savez?
Elle s'était décollée de son mur, pour mieux se rapprocher de lui. Pour sentir sa chaleur l'envelopper dans cette nuit glaciale. Pour mieux ressentir la sensation de son souffle sur son visage.

_ Vous savez très bien... Que nous n'avons qu'à travailler ensemble. Qu'à étouffer... Ce qui nous secoue depuis quelques mois. D'oublier... Et de vivre comme avant. Et ainsi... Et ainsi je pourrais...


Impossible to figure out who I am
Right now I wonder if the world will ever know


Sa voix tremblait légèrement, mais elle gardait la tête haute. Il était hors de question qu'elle abandonne.

_ Vous êtes sure? Parce qu'il me semblait que... Vous et moi avons les mêmes... Les doutes.
Sa main droite caressa comme une fine brise les cheveux de la jeune femme, qui ferma les yeux.

_ Les mêmes désirs qu'on préfère taire...
Sa main droite descendit lentement pour s'égarer sur ces hanches qu'il avait tant parcourues cette nuit-là. Une main féminine y rejoignit la sienne sur la couverture. Il fermât à son tour les yeux.

_Les mêmes pensées qui ne seront jamais prononcées...
Il pencha son visage, ses lèvres effleurant les siennes si superficiellement, leurs souffles se mélangeant, diminuant le discernement de la photographe, qui semblait totalement démunie. Seul son sourire laissait comprendre qu'elle appréciait cet instant.

_Les mêmes sous-entendus dans les yeux...
Ils les ouvrirent en même temps. Lentement. Et plongèrent dans le regard qui leur faisait face avec un abandon total.

_ Et surtout... Les même battements de coeur... Erratiques... On ne sait pas... Quand on se voit... Si notre coeur tiendra le choc... On a envie qu'il fasse un bond, un raté.... On sait qu'on l'aura... Mais on l'appréhende... On l'a... On regrette de l'avoir eu... Parce qu'on ne devrait pas... Parce qu'on a pas le droit... Mais on le fait quand même. Parce qu'on aime ça .. Parce qu'on... a besoin de rien d'autre que cette autre personne pour se sentir bien. Pour se sentir vivant.


I don’t know why, love has to be so flawed


Sa main gauche alla alors se perdre sous la couverture, sur sa poitrine... sur son coeur.
Au même instant, leurs lèvres se joignirent pour un baiser des plus sensuels, des plus doux... Des plus emplis de sentiments.


Will I ever get, exactly what I want?


Elle n'avait plus d'esprit, ses lèvres étaient son nouveau centre nerveux, et la bouche de l'autre était sa cible. Rien d'autre n'importait.
Il était plongé dans l'instant plus que jamais, perdant totalement la notion du temps. Il ne savait plus si cela faisait 1 minute ou une heure qu'ils étaient sur le balcon. Ce qui savait en revanche, c'était qu'il voulait rester aux côtés de cette femme le restant de sa vie, pour des milliers d'heures, des millions de minutes, des milliards de secondes.

_ Je vous aime. Il fallait que je vous le dise. J'ai cédé, je suis faible. Mais être faible pour vous me donne l'impression d'être l'homme le plus fort du monde par cet abandon de mon âme, de mon coeur à votre personne.


Elle ouvrit lentement les yeux. Pas de doute, elle avait bien entendu.  Cette bouche convoitée était à 2 millimètres de son oreille. Elle frissonnait en sentant un souffle chaud la caresser.

_ Je...
_ Je ne vous demande pas de me le dire. Ni maintenant ni jamais, pour peu que vous n'en n'ayez pas envie. Mais... Accordez moi une chose...
_ Hum...
_ Avouez juste... Juste que vous aimeriez. Que vous aimeriez me le dire. Que vous aimeriez que je le sache.


And I don’t care why, the only way to win is to risk it all
And not be afraid to fall


Elle roula des yeux. Comment était-il possible qu'il la comprenne si bien.
_ Il est difficile de vous mentir... susurra-t-elle alors qu'elle se rapprocha de ses lèvres pour le bâillonner...

_ Oh vous êtes ... Là. Désolé...

Comme si dans une pièce de Shakespeare, les deux héros se seraient faits prendre sur le fait, le « couple » se sépara à regret, tête baissé, les mains entrelacées. Un sourire néanmoins gravé sur leurs lèvres.

_ C'est rien t'inquiète pas.
_ Hmm... Que se passe-t-il? Vous nous cherchiez?
_ C'est juste que... Votre chauffeur est en bas. Pour vous raccompagner.
Le membre du groupe rentra, pour les laisser seuls quelques secondes de plus, non sans jeter encore un coup d'oeil sur le balcon, les lèvres étirées en un sourire amusé.

_ Oh.
_ Déjà...
_ Et bien, on se revoit demain sur les shootings.
_ Oui... , murmura-t-il, reliant sa main à la sienne. J'ai vraiment de plus en plus de mal à me séparer de vous.
_ Pourtant... vous savez ce qui nous attend.
_ Justement. Il y a un moyen... Insensé... Mais il y en a un.
_ Je... Je ne vois pas... Enf...
_ Restez vivre en Corée. Continuez votre carrière en vous installant ici, la coupa-t-il en un souffle.
_ Ce... Ce n'est pas possible. Ce n'est pas réalisable. Toute ma vie est à Londres, en Europe.
_ Et votre coeur?
Il planta son regard dans le sien, bien décidé à la faire avouer à son tour.
_ Où se situe votre coeur? Avec votre vie en Europe? Ou bien...
_ Il se trouve là où il n'aurait jamais dû. Sur ce bonne soirée. Lâcha-t-elle comme si cette réalité lui brûlait la bouche.

Aussitôt, elle se sépara de sa main, tourna les talons, salua le reste du groupe et s'en alla comme un coup de vent.

Lui n'avait pas bougé.
Le visage illuminé par le plus beau sourire qu'il fut.
Elle n'avait pas accepté. Elle ne semblait pas prête pour... Le sera-t-elle un jour était une question qu'il allait se poser. Mais pas immédiatement. Car autre chose de plus grand, de plus fort emplissait son esprit.
Elle s'était dévoilée. Et rien n'aurait pu lui faire plus plaisir que cela. Avec une subtilité bien particulière qui lui était propre, elle avait à moitié avoué

Why do we have to be so flawed?

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_ Et bien et bien, pour un avant avant dernier shoot, c'était bien fatiguant.

Le manager était entrain de discuter avec la jeune femme au studio qu'elle utilisait durant son séjour en Corée.

_Désolée. Mais vous m'aviez dit qu'il n'y aurait pas de souci pour passer un jour ou deux au japon._ C'est vrai... Enfin je pensais que vous m'auriez prévenu quelques jours à l'avance. En tout cas, plus de deux jours avant.
_ Désolée. Mais vous savez quand l'inspiration vient...
_ On ne sait jamais quand elle frappera. Ne vous inquiétez pas, je ne vous blâme pas. C'étaient de magnifiques prises photo, et les garçons on apprécié passer 3 jours au japon. Cela vous a permis de visiter également. Et puis vous leur avez appris quelque mots de français. Ça ne leur a pas fait de mal.

_ En effet, j'avais toujours rêvé de visiter le Japon. Une chance que les garçons maitrisent la langue, du moins beaucoup mieux qu'ils ne maitriseront le français...
_ C'est sur que c'était amusant de les entendre baragouiner dans votre langue. Une chance surtout, que personne ne les a reconnu.
_ Certes. En même temps, vous avez réussi à en forcer deux à se déguiser en fille.
_ Ahahaha! C'est vrai j'avais presque oublié.
_ Oh, des photos vous permettront de vous en souvenir... De bons moments en perspective pour vous, des moments de solitude et de honte pour eux.
_ Non vous n'avez pas fait ça!
_Si si.
_Vous êtes une vraie...Merveille!! J'aurais de quoi les menacer maintenant, quand ils ne se lèveront pas... Ou quand ils seront en retard à un show ... Ou... Enfin bref. Merci.
La jeune femme laissa échapper un rire.
_ Bon de retour sur nos terres, vous nous préparez quoi cette avant dernière prise? Un shoot en intérieur?
_Hum. Oui. Mais il sera mineur. Je n'affectionne pas spécialement ce genre de shoot, c'est trop banal. C'est le style de photos qu'on voit dans tous les journaux concernant vos poulains. Sans vouloir vous vexer.
_ Il n'y  a pas de mal. De toute évidence, mes poulains comme vous dites, préfèrent largement les shoot à l'extérieur que vous avez supervisé, complimenta le manager en souriant.
_ Merci. De fait, je vais juste prendre une courte série de photos de chaque membre, et puis une fois que je les aurais récupéré sur mes PC, j'irais leur montrer chez eux les photos des précédentes prises.
_ Très bien. Ils ne devraient pas tarder. Surtout, n'oubliez pas d'être prudente quand vous irez chez eux.
_ Ne vous inquiétez pas, Monsieur.

Ils continuèrent à discuter amicalement, les deux individus s'appréciant de plus en plus.

Arrivèrent alors les 5 jeunes hommes, tout sourire.
La jeune femme les accueillit, un peu plus chaleureusement que d'ordinaire. Sauf Lui. En effet, elle s'était beaucoup trop dévoilée à lui pour réussir à être aussi ... Sûre d'elle que d'habitude. Elle s'efforça d'agir comme si de rien était, mais cela ne trompait personne. Les 5 membres la regardaient tous avec un sourire en coin, ce qui avait le don de l'exaspérer.
La séance se passa néanmoins très bien, chacun comprenant vite ce qu'il avait à faire, ils ne perdirent pas trop de temps, ce qui enchanta tout le monde, finissant ainsi un peu plus tôt.


_ Yeeeeh on finit tôt, c'est la fête!
_ ça change des 3 jours qu'on a passé au japon!
_ Qu'entends-je? Des mécontents?
_ Oh Madame la...
_ MADEMOISELLE.
_ Euh oui, mademoiselle, la Photographe, non on est pas mécontent.. On..
_ Déplore simplement nos conditions de travail! PAS CONTENT!
_ Mais vous êtes bêtes ou quoi?

Tous les 6 se mirent à rire comme des benêts. Que c'était  agréable. Malgré tout ce qu'elle avait tenté pendant ses derniers jours, elle s'était trop attachée à eux. Néanmoins, était-elle prête à s'installer dans ce pays sur un coup de tête? Un coup de foudre...
Elle était on ne peut plus indécise.

Les regarder tous les 5 aussi joyeux, cette ambiance plus que familiale... Son regard dans le vide croisa soudain celui du Chanteur. Qui souriait comme toujours. Inlassablement. Ce sourire qui ne semblait pas enclin à faner. Comme les sentiments qui trônent en maîtres dans leurs coeurs.
Elle se contenta de sourire, et d'hôcher la tête quand il lui demanda si elle allait passer chez eux ce soir. Aussitôt, les autres la déclarèrent invitée à diner. Comme à chaque fois qu'elle passait.
Allait-elle céder? Était-elle prête à s'installer dans une telle ambiance chaleureuse.


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Thème Second : Vento d'Europa - Giovanni Allevi




_ Oh Vous vous... Vous êtes déjà arrivée?
_ Oui, il est déjà 18h... Alors... C'est un souci? Vous devriez vous y être habitué...
_ Non, non aucun souci seulement...

La jeune femme avait été accueillie étrangement par un des membres. Il l'a retenu pendant longtemps dans le vestibule, lançant des coups d'oeil en direction du salon, avant de finalement la laisser pénétrer dans l'appartement, non sans avoir fait du bruit inutilement.

_ Bon... Soir.
La jeune femme Le trouva dans le salon, en compagnie d'un jeune homme qui lui était totalement inconnu... néanmoins quelque chose sur le visage de l'individu lui rappelait quelque chose.
_ Oh Enchantée mademoiselle, lança l'inconnu en se leva, pour lui serrer la main. Vous devez être une des maquilleuses du groupe non?
Il se pencha discrètement vers le chanteur qui semblait bien mal à l'aise.

_ Depuis quand SM engage des... Étrangères? Surtout pour vous.
Son ton déplut particulièrement à la française, et le chanteur le remarqua bien vite.

_ En fait elle n'est pas maquilleuse, mais photographe. Elle est française en effet, mais ça n'a jamais été un problème.
_ Et depuis quand vos photographes se pointent chez vous? Questionna-t-il sans aucune discrétion pour changer.
_ Depuis qu'une de nos photographes est devenue... Ma petite amie.

Un silence d'outre-tombe s'abattit sur le salon. Ladite petite amie, ne savait plus où se mettre. Elle espérait un soutien de l'autre membre, mais elle n'avait pas du faire attention à ce qu'il portait quand elle est entrée: le jeune homme devait partir rejoindre les 3 autres à un essayages de costumes. De fait, à peine avait-elle pénétré l'appartement, qu'elle s'était retrouvée seule.

Pourquoi diable avait-il oser mentir ainsi à un inconnu... Était-ce seulement un mensonge? Qu'importe. Pourquoi à un inconnu. Il fallait qu'elle sauve la mise.

_ Toujours le mot pour rire ces artistes. Excusez moi, je ne me suis pas personnellement présentée,. Je suis leur photographe pour encore très peu de jours, ajouta d'un ton faussement enjoué la jeune femme, en serrant la main qui lui était tendue. Malgré ses efforts, son caractère froid et fier émanait puissamment d'elle. A qui ai-je l'honneur au juste?
_ C'est mon cousin. Il est venu aux nouvelles, et m'en donner en passant.

Ledit cousin lança un sourire carnassier à la jeune femme qui se sentit geler au beau milieu de l'appartement. Néanmoins, elle ne se laissa pas démonter.

_Oh, je suis ravie de vous rencontrer.
_ J'aimerais en dire autant.
_ S'il te plait. Ne sois pas comme ça.
Elle se contenta de sourire tristement. Elle s'attendait à tout si elle avait à rencontrer un membre de sa famille, mais pas à une telle hostilité gratuite.

_ Je... Je vais aller déposer dans la pièce de travail les vêtements que vos amis ont oublié dans mon atelier aujourd'hui, avec les photos.
_D'a.. D'accord.
Le jeune homme était visiblement très mal à l'aise, et désolé de ne pouvoir rien faire de plus.

Elle aussi en était désolée... Mais elle préféra s'éloigner, ne pas montrer qu'elle était affectée. D'autant plus qu'elle a nié son statut de petite amie. L'un comme l'autre avait trouvé plus judicieux de ne pas mentionner le fait qu'elle aurait du diner avec les garçons ce soir.
Cependant, elle n'alla pas déposer les affaires. Elle les posa sur un buffet qui tombait bien, et se rapprocha du salon, où une discussion houleuse – en coréen- avait lieu... Et elle savait qu'elle en était le principal objet.

_ Tu ne pouvais pas trouver ton bonheur en Corée comme tout le monde? Pourquoi une fille si peu sociable? Il y a tellement de filles bien ici, simples qui te correspondraient. Je connais tes gouts enfin, on est quasiment des frères.
_ Elle me ressemble plus que quiconque au monde, toi compris. Soupira le chanteur, qui s'était laissé tomber sur le canapé, tandis que son vis-à-vis faisait les 100 pas devant lui.
Ce n'est pas parce que nous sommes du même sang que tu es comme moi. Que m'as tu apporté dans ma vie hein?
Le ton du jeune coréen s'était élevé dans un accès de colère.

_ Tu étais là quand je souffrais de la solitude?
_ Elle n'était pas là non....
_ NON, tu n'étais pas à mes côtés. Tu te pointais uniquement pour que je signe des autographes pour tes amis. Elle, elle s'en moque de ma popularité. Je dirais même qu'elle la déteste autant qu'elle méprise son propre succès.
Elle me complète. Et ça vois-tu, personne d'autre qu'elle, ne pourra le faire.

Sa voix s'était étrangement radoucie, à la mention de la jeune photographe.
_ Et si elle te le demande, iras-tu en Europe avec elle? Pour toujours? Renonceras-tu à toute ta vie ici, pour elle?
_...
Un long silence suivit la question de l'homme, de quelques années l'aîné du chanteur. Ce dernier fixa son parent dans les yeux.
_ Je vois. Tu brades famille et carrière pour une vulgaire amourette. Tu es encore bien trop fragile pour ce monde.
_ Ce n'est pas une amourette! Elle n'est pas assez égoïste pour cela. Elle sait que toute ma vie est ici.
_ Et toi, seras-tu assez égocentrique pour lui proposer? Alors que son univers est en Europe?
_...
_Les femmes, sont les pires guerrières, et leurs charmes sont les armes les plus destructrices!
Enfin qu'importe. Je pense n'avoir rien à ajouter. De toute manière tu ne m'écoutes pas. Tu ne nous as jamais écoutés...
_...Certes. Et c'est grâce à cet entêtement que je suis devenu ce que je suis maintenant. Tu peux partir. Merci pour les nouvelles de la famille. Tu leur diras que tout va bien. Comme toujours, je leur enverrais un planning de nos passages télé.

Le chanteur s'était levé, et avait posé une main sur l'épaule de son cousin, dont le visage était grave.

_ Fais attention à toi. Et même à elle. Ton statut ne te permet pas d'écouter ton coeur. Le sien non plus. Et heureusement. Rappelle-toi que bien rares furent les stars de notre pays à parvenir à vivre leur amour caché pleinement, sans que quiconque ne s'en aperçoive. Et désolé de te dire ça... Mais tu ne feras pas partie des exceptions. Vos fans sont bien plus malignes... Voire folles, que tu ne peux l'imaginer. C'est même étonnant qu'elle puisse venir jusqu'ici en un morceau...
Méfies-toi... C'est tout ce que je peux te conseiller...

Sur ce, l'homme quitta l'appartement sous le regard toujours fier du chanteur, qui ne lui adresse même pas un mot d'adieu. Néanmoins, dès qu'il entendit la porte se fermer, il frappa son poing contre le mur le plus proche.

Pourquoi.
Pourquoi tout devait être si compliqué? Pourquoi même son plus proche parent, n'était pas avec lui?
Être artiste devait lui permettre de s'évader... Et non de le séquestrer dans une cage dorée donc les geôliers seraient ses propres fans, et ses bourreaux sa propre famille et son patriotisme.
Il s'approcha de la fenêtre pour voir sous ses yeux, s'étendre la ville où il avait imaginé finir ses jours.

_ Suis-je prêt à tout abandonner? Ne serait-ce que par pure folie?Ai-je le droit... De lui demander de renoncer à tout ce qu'elle n'a jamais connu?

Il sentit alors une main sur son épaule, et sut instinctivement que c'était elle.
Il se retourna pour brusquement l'enlacer.

_Je pensais que vous étiez partie. Je suis soulagé.
_ De quoi êtes-vous soulagé? Vous m'avez bien invité à diner ici non? Je n'allais pas fuir juste parce que votre cousin ne m'aime pas.

Elle n'eut pas le courage de lui dire qu'elle avait assister à leur dispute. Bien que celle-ci se soit déroulée en coréen, elle avait compris le principal.
Le jeune homme se contenta de la serrer plus fort dans ses bras.

_Bref...Tu... Vous avez une lettre anonyme. Une jeune femme l'a remise au gardien de mon hôtel en demandant de me la remettre... Mais elle porte votre nom. C'est mauvais signe... Quelqu'un sait que nous sommes liés.

Interloqué, le jeune homme s'écarta d'elle, et prit la lettre qu'elle tenait dans la main.

_ « Concentrez-vous sur votre art. Restez fidèles aux Cassiopeia. Vous leur devez bien ça. Les autres ne valent rien. Elle n'est rien. Nous pouvons vous le prouver. Oubliez votre stupide coup de coeur. Ou nous nous chargerons de la faire oublier du monde pour vous. »

Le jeune homme avait traduit en anglais la lettre.... Sauf les 2 dernières lignes. Trop choqué par de tels propos, il était hors de question qu'il lui en fasse part... Auquel cas, elle ne réfléchirait même pas à sa proposition de s'installer en Corée. Il respira longuement, cherchant à se calmer, pour ne pas l'alerter.
_ C'est... Une lettre de menace?
_ En effet. Étrange, alors qu'il vient de me voir...
_... ça ne va pas? Je suis désolée vous savez... Je n'aurais pas du....
_ De quoi parlez vous? Vous n'avez pas à vous excuser. Ça va très bien ne vous inquiétez pas.
_ Vous... M'avez enlacée soudainement...Et j'ai vu votre cousin partir furieux.

Elle omit de préciser qu'il l'avait foudroyé à nouveau du regard.

_Je suis désolé pour son comportement. Mais ça va, une petite dispute familiale.

Le chanteur souriait, tentant de cacher sa gêne. La jeune fille lui prit les mains, réclamant ainsi son attention. Elle ancra son regard dans le sien.

_ C'était à propos de nous n'est-ce pas? Je vous l'avais dit. Nous avons trop de responsabilités. Je veux bien vivre cachée, mais vous n'êtes pas de cette nature, je le sais au fond de moi. Vous ne devez pas oublier votre objectif premier. Vous faites parti du monde de la lumière

*Mais ... Ne m'oubliez pas dans l'ombre malgré tout.*

Son regard baissait peu à peu...

_ Rien... Rien ne doit être plus important que votre  vie, votre passé, ici, avant notre rencontrer.

*Mais ne reniez pas notre passé.*

Toujours plus bas... Inlassablement...

_Ce n'est pas votre rôle d'effacer une partie de vous, pour moi.

*C'est à moi de disparaître... à mon plus grand désespoir.*

Elle avait les yeux à demi-clos.
Il était profondément triste. Comme rarement il ne l'avait été. Comme s'il sentait les sous-entendus qu'elle avait pensé à chaque phrase.
Cependant, il baissa les yeux, soumis... Résigné.

_ Vous...
_ J'ai raison, vous avez forcément tort, quoique vous alliez dire. Fin de la discussion. J'ai... J'ai encore énormément de travail, il faut que j'y aille. Désolée pour ce soir. Sur ce passez une bonne soirée avez vos amis. Je serais au shoot, à 11h.

Et sans attendre une réaction, elle sortit en enfilant sa veste, ses talons claquant sur le lino du couloir.
Il se saisit aussitôt de son portable, et composa le numéro de la jeune femme.


_...Pourquoi m'appelez-vous?
_ Parce que vous avez fui peut-être?
_ J'ai beaucoup de choses à faire, et le temps me manque, avant que je ne rentre chez moi. Alors désolée pour le diner mais...
_.... Et bouder en fait partie?
_ ...
_ Écoutez, ne faites pas l'enf...
_ Non, vous écoutez-moi! Il y a bien des fois, où il est bon d'être égoïste voyez-vous. Et je ne l'ai pas été très souvent. C'est l'occasion ou jamais. Votre cousin l'a bien été ce soir... Je finis par beaucoup réfléchir à notre relation si on peut appeler ça une relation... Que peut-elle vous apporter? Moi c'est différent, je n'ai plus personne. À part mon emploi et mon reste de coeur, je n'ai rien à perdre ou presque. Mais pour vous qui ne manquez de rien?
_ Je suis ...
_ Qu'est-ce que cela peut-il vous donner que vous n'ayez déjà ? Une autre dispute avec un autre membre de la famille? Le coupa-t-elle.
_ Il...
_ Vous savez, j'étais réticente à rencontrer quelqu'un d'aussi proche de vous. Parce que... Parce que je n'ai pas à être aussi proche de vous, que lui l'est... Vous comprenez?
_ Je...
_Et si vous ne comprenez pas, c'est normal. Ne cherchez pas, de toute évidence à quoi cela nous mènera? À une autre lettre de menace?
_ Att... Attendez! On ne...
_ Bonne soirée, Monsieur le DBSK.

Elle raccrocha, fourra violemment son portable dans son sac à main, alors qu'elle disparaissait dans la foule de fans, sans prendre la peine de se cacher. Après tout, elle ne risque pas de revenir... Et si quelqu'un savait déjà qu'ils entretenaient une relation... Cela signifie que le mal est fait... Et il était très douloureux dans son coeur.


Il lança son portable à travers le salon. Après tout, elle n'avait pas l'air prête à le rappeler. Bien qu'il aurait aimé... Il aurait aimé qu'elle le rappelle, en larmes, s'excusant  ou pas, lui demandant de venir la rejoindre, lui avouant qu'elle l'aimait, qu'elle se moquait de tout cela...
Mais lui... Se moquait-il des conséquences finalement?


Cette nuit-là, il neigea abondamment...

~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~

Troisième Thème : Back To Life - Giovanni Allevi





5 êtres, tous vêtus de blancs, posaient dans le jardin enneigé du palais Gyeongbok pour ce dernier shooting. Une espèce d'ambiance féérique régnait.

Et, bien dans son rôle, la française qui semblait bien plus fatiguée et frêle que d'ordinaire, gouvernait, en reine de glace. Y compris avec lui.
Beauté glaciale, elle ne souriait qu'avec parcimonie, et distillait au compte-goutte ses mots ce jour-là.
Pas même un signe, un regard envers le chanteur, qui par nervosité, ne faisait jamais ce qu'il fallait.
Parce qu'il savait pertinemment pourquoi elle agissait ainsi.
Son manque de réaction la veille, avait trahi son hésitation. Ses doutes.
Sa conversation avec son cousin avait mine de rien laissé des traces... Et la jeune femme ne l'acceptait pas.

Accumulant gaffes sur gaffes, le chanteur se fit reprendre par la française qui employa le ton le plus hautain qu'il n'avait jamais entendu.

_ Je vous prierais de vous reprendre.
_ Je suis désolé
_ Oh oui je l'ai bien compris, c'est là  douzième fois environ que vous me le dites. Mais vous faites perdre leur temps à des dizaines de personnes. Soyez un peu plus mature et professionnel. Pour une fois.
_ Excusez-moi,  cela ne se reproduira plus.
_ Je l'espère bien. Auquel cas je finirais par croire que vous ne savez pas prendre vos responsabilités, monsieur le chanteur.

Ne tenant plus, il l'attrapa et l'entraina dans l'espèce de grande caravane où ils se changeaient, prétextant aux membres et à l'équipe technique, qui n'avait surement pas entendu leur échange, qu'il devait lui rendre un effet qu'elle avait oublié chez eux.

Une fois à l'intérieur, non sans avoir lâché son poignet, il l'accula contre un mur. Son regard pétillait de rage mais surtout d'incompréhension et de tristesse. Celui de la jeune femme semblait vide, morne, avec malgré tout une lueur de colère.

_ Lâchez-moi.
_ Non, d'abord expliquez-vous? C'était quoi ce comportement? Qu'est-ce qu'il y a?
_ Il y a que vous n'étiez pas concentré. Donc je vous ai repris. Point. Sur ce nous avons encore pas  mal de travail, j'ai pris du retard par votre faute je dois encore photographier 3 de vos cama...

Un baiser, d'abord rude, qui finit par être d'une tendresse absolue l'empêcha de continuer, et réduisit sa colère et sa volonté à néant.

Elle ne voulait plus être forte.
Elle ne voulait plus être seule.
Elle ne voulait plus être « rien ».
Elle ne voulait plus que ses sentiments continuent à survivre dans l'ombre et l'abandon.
Elle ne voulait plus se mentir.
Elle voulait être plus qu'une partie de sa vie. Elle voulait être SA vie.

Ses mains s'agrippèrent au haut du jeune homme comme à une bouée de sauvetage. Elle approfondit le baiser avec une fougue inédite, comme si ce baiser n'allait pas avoir de lendemain.
Se détachant de la photographe, il ouvrit les yeux, et fut surpris de la voir en larmes. Surpris, mais étrangement satisfait.
Cependant, malgré la détresse dont elle semblait être victime, la jeune femme gardait sa voix sous contrôle, comme si elle se forçait à garder une certaine dignité.

_ Pourquoi? Pourquoi m'avez-vous rendue ainsi? Pourquoi êtes-vous ainsi? Je n'en peux plus. Je pensais avoir tout enduré, la solitude, l'amertume... Mais visiblement, ce ne fut que des chimères, par rapport à la douleur que j'ai pu ressentir par votre faute.
_ De quoi veux-tu parler?
_ Hier... Hier j'ai tout entendu. J'ai plus ou moins compris... Je sais pertinemment que l'on ne devrait pas... Mais est-ce si mal? N'avons-nous pas, nous aussi, droit au bonheur comme nous l'entendons?

Le jeune homme, soudainement ébranlé par ses mots, l'enlaça. Sans savoir quoi répondre. Sans savoir quoi faire. Juste la serrer au plus près de son coeur.
_ Pourquoi dois-je être encore et toujours source de désagrément. Tout aurait été plus simple sans cette soirée. Sans nos statuts.

_ Non. Non tu te trompes, murmura-t-il au creux de son cou. Tout aurait été plus compliqué. Plus difficile. Vivre seul sans ma véritable moitié.... Sans savoir qu'elle existe vraiment m'aurait été insupportable. Vous ne pouvez pas imaginer combien c'est dur de se sentir constamment seul... Malgré le monde qui m'entoure, malgré « l'amour » de mes fans. Combien c'est dur d'avoir aimé. Combien c'est humiliant de se rendre compte du mensonge sur lequel reposait ce qu'on pense être une relation... Et combien on est effrayé quand on se surprend alors à se dire «  c'est rien. C'est pas grave. Finalement je m'en fous. ». Maintenant, grâce à vous, je sais pourquoi j'ai dit ça. Je sais que j'ai eu raison... Mais ça n'efface pas la douleur.
Vous seule pouvez la supprimer. Je donnerais tout, pour vous aimer comme je l'entends. Parce que je suis prêt à vous aimer, comme vous l'entendez.

Un nouveau baiser survint, orchestré par la française cette fois. Il se laissa dominé, trop heureux de la sentir si douce. De sentir qu'elle se rapprochait un peu plus, de sentir... Qu'elle ouvrait un peu plus son coeur.

Elle y mit cependant fin, détourna le visage.
_ Il... Il faut y aller. Nous nous sommes absentés depuis trop longtemps.

Sa voix était lointaine, exprimant un désir qu'elle aurait mieux aimé taire. Mais le sourire qu'elle arborait malgré elle était si chaleureux, qu'il en oublia toute envie de contestation.
_J'aimerai tellement que tu restes proche de moi. Pour toujours. Tout le temps. Qu'à la moindre envie, au moindre sentiment de solitude, de déchirement, je puisse venir te voir, juste te regarder... Cela rendrait ma vie tellement plus simple et plus belle.
_ Tout le temps n'est pas possible. Mais ... Mais il n'est pas dit que je ne revienne pas. Après tout, vous n'êtes pas les seuls qui méritent d'être photographié par moi.
Elle s'écarta de lui pour sortir de la caravane, mais une main sur la sienne l'interrompit,  des lèvres dans son cou la pétrifièrent. Mais elle sourit.

_ Cela va-t-il devenir une habitude?
_ Jure moi juste que je resterais le centre de ton monde. À jamais...
_ Je  ne renoncerais jamais à la seule existence qu'il m'ait été donnée de recevoir. Elle est plus que ma raison de vivre maintenant.

Puis elle sortit de la caravane, et instantanément, reprit son masque de fierté. Mais avec une différence.
Elle souriait enfin de tout son coeur, pour la première fois. Bien que ce fut la dernière fois qu'elle les photographiait, elle y mit tout son coeur.

~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~

Le lendemain, la jeune femme avait comme dernière tâche de rassembler les photos pour le book. Une étrange mélancolie s'empara d'elle, quand elle admira toutes les photos qu'elle avait prises en un mois.
En un mois, beaucoup de choses avaient changé.
Et ce à cause d'une seule soirée.

Elle tomba sur une de ses photos individuelles... Il y portait des lunettes de soleil, qu'ils avaient achetées ensemble au Japon...  Elle les avait tout simplement adorées dans la boutique.
Même à travers le verre teinté, elle se souvenait qu'elle pouvait ressentir de l'intensité de son regard... Elle l'avait d'ailleurs réprimandé en privé, lui intimant d'arrêter ce petit jeu... Il lui avait presque rit au nez... Avant de l'embrasser furtivement...

Se surprenant à soudainement broyer du noir, elle se remit activement à la sélection, qu'elle acheva juste à temps, quand le manager des Dong Bang Shin Gi s'était présenté au studio.

Et le manager des garçons venait le récupérer. Il lui remit quelques dossiers qui semblaient confidentiels, car il n'en parla pas en présence des autres membres de l'atelier. Et avec, il lui tendit des clés et un petit sac plastique opaque. La jeune femme lui fit la bise pour le remercier.

_ Oh vous savez, ce n'est rien. C'est un plaisir renouvelable du coup. Et puis vous avez fait un remarque travail. L'équipe technique tient à vous inviter à faire la fête pour clore cette période de travail commun. Qu'en dites-vous?
_Oh vous savez, c'est un réel plaisir, merci beaucoup.
_ Très bien, alors vous n'avez qu'à rester ici, et je viendrais vous récupérer d'ici... Oh une heure?
_ Disons plutôt une heure trente. Que je puisse passer à mon ... à mon appartement.
_C'est noté.
_ Merci en...

Mais son portable sonna, l'interrompant. Elle regarda le nom de l'interlocuteur, et fit un sourire triste.
Le manager comprit aussitôt, et lui fit signe qu'il partait, murmurant un «  see you later » qui l'a fit rire.

_ Oui allô?
_ Oh, vous répondez enfin... Je vous dérange peut-être.
_ Non non, pas du tout, j'étais avec votre manager. J'ai fini la sélection et la retouche... Mais qui y-a-t-il?
_ Oh rien de .. De bien grave. Je voulais savoir si...Si vous accepteriez de passer votre dernière soirée avec moi à l'appartement.

Sa dernière soirée... Il avait prononcé ces mots d'un ton si abattu qu'elle eut presque les larmes aux yeux.

_ Je... C'est gentil, mais je viens d'accepter une soirée avec l'équipe technique et...
_ Oui oui je sais. Les garçons y vont aussi. Et... Et moi peut-être. A condition que vous acceptez de venir ici  après.
_ Enfin, je ne sais ...
_ Qu'importe l'heure, même pour 3 secondes. J'y tiens. Je t'en prie...
_.. De toute évidence, il est hors de question que je ne vous voies pas ce soir en privé... Alors c'est d'accord. Mais vous venez aussi ce soir.
_Très bien. À plus tard alors.
_ C'est ça.

Et ils raccrochèrent. Ce soir allait être une soirée mémorable, lourde de conséquences et marquera leurs mémoires...

~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~


Le repas s'était déroulé en tout début de soirée dans un restaurant traditionnel de Séoul. Il semblait à la photographe que tout avait été préparé depuis un long moment. Réservation etc etc.
Sans qu'elle ne s'en soit rendue compte, elle s'était bien plus intégrée à son environnement. Elle s'était faite, loin de tout ce qui faisait son quotidien, des relations extraordinaires... Des amis merveilleux.

L'ambiance était délicieuse, tout le monde s'amusait bien, riait aux blagues, dégustait un succulent repas...
Tout le monde, ou presque.

La française souriait, parlait riait... Mais n'était pas là. Elle n'avait quasiment rien mangé de la soirée. Elle ne voulait pas profiter trop pleinement d'une soirée qui amorcerait un adieu des plus déchirants.

Lui, était totalement éteint. De savoir que dans plusieurs dizaines d'heures, plusieurs milliers de kilomètres allaient les séparer pour une durée indéterminée. Et la voir si... ouverte aux autres, le rendait presque malade. De jalousie. De tristesse. Et lui coupait également l'appétit.

Alors qu'il repensait aux mots de son cousin, ses 4 amis lui signalèrent qu'il était temps qu'il y aille.
Il était encore bien tôt, mais il avait à faire.
Il salua toute l'équipe. Et partit sans prendre le temps de glisser un mot à la française.

Mais les autres chanteurs lui expliquèrent qu'il avait des engagements d'une extrême importance. Mais qu'il sera bien à l'appartement comme il lui avait dit.

Elle comprit donc qu'ils étaient dans la confidence.
Une douleur étrange lui serra alors le coeur, comme un énorme étau, en voyant qu'ils lui souriaient tous tendrement.

Elle avait mal à l'idée d'être séparée d'eux.
Elle s'était fait plus que des amis... Elle s'était créée une petite famille avec ce boys band.
Les larmes commencèrent à lui monter aux yeux. Les artistes, émus, la prirent dans leur bras pour une accolade collective.
La proposition du chanteur se faisait de plus en plus présente à son esprit.
S'installer ici. Continuer à travailler ici.
Près d'eux.
Près de lui.

Ils étaient encore tous autour d'elle, quand les membres de l'équipe technique ainsi que le manager lui annoncèrent qu'ils devaient se quitter là. Ils avaient du travail le lendemain vers Pusan, et le manager devait checker l'emploi du temps des garçons. Ils ne pouvaient donc pas faire la fête trop longtemps.

Ce fut une succession d'embrassades, de pleurs pour certaines des collègues de la française. Elle prit alors pleine conscience des liens que ces semaines passées auprès d'eux avaient créés.


Il ne restait donc plus que la photographe et le reste du groupe... Qui visiblement devait aussi s'absenter.

_ Nous sommes désolés, mais nous avons aussi des obligations nous aussi. Il m'a envoyé un message, il vient juste d'arriver chez nous. Vous pouvez donc l'y rejoindre.
_ Très bien... Merci pour tout.
_ Non merci à vous. Vous avez fait beaucoup plus qu'un simple travail de photographe. Vous avez changé l'un des nôtres... Dans le fond vous nous avez tout changés. Et nous vous serons toujours reconnaissant.

Elle sourit, cachant sa bouche de sa main, émue véritablement aux larmes.

_ Vous resterez notre photographe préférée. Et vous êtes la  bien venue chez nous.
_ Merci énormément... Vous êtes des artistes extraordinaires...Je vous considère comme des amis... Des frères presque...
_ Oh non on va pleurer aussi! Nous on aussi, on vous admire.
_ Ouais, non c'est pas le moment du tout hein! Vous êtes une soeur aussi... Excepté pour l'un d'entre nous.
_Oh non, t'as dévoilé mon secret. Et ouii je vous aimeee!!

Un rire général secoua le petit comité. Le sérieux reprit très rapidement le dessus...

_ Vous devez être la seule photographe qui ait fait un aussi bon boulot avec nous comme modèles.
_ Ça va être étrange de travailler avec d'autres photographes... De ne plus vous voir...
_ C'est réciproque... Avec qui vais-je avoir de si bon fous rires, de courses poursuites, ou de batailles dans la neige...
_ ...On doit avoir l'air malin tous à pleurer là.

Puis ils embrassèrent, se promettant de se revoir. Un sourire triste sur toutes les lèvres, pour ce que chacun espérait n'être qu'un « au revoir ».

Ils partirent dans leur van, tandis que la photographe grimpait dans la voiture avec chauffeur qu'on lui avait commandé.
Toujours le même chauffeur, d'un certain âge, depuis cette soirée en Chine... Lui aussi était devenu un compagnon. Combien de fois l'avait-il vue en perdition... Ne sachant plus que faire...
La fois où elle était partie précipitamment de l'appartement du groupe, elle avait osé l'appeler...
Elle avait oser se confier à lui...
Elle avait osé pleurer dans son véhicule...
C'était le signe que l'amour avait tout changé en elle. Y compris sa fierté.
Jamais elle n'aurait pu pleurer face à un inconnu... Face même à un ami... Avec le temps il était devenu son confident.

Sur leur dernier trajet ensemble, ils discutèrent... Et elle le remercia. D'avoir été là. Le vieil homme se contenta de lui dire que cela avait été un plaisir... Et pour la touche d'humour, il ajouta que cela l'avait changé de conduire une jeune femme. Les garçons c'est bien, mais trop de testostérone fatigue un homme âgé.
Une fois qu'ils furent arrivés non loin de l'immeuble du groupe, elle le força à quitter son volant pour lui faire la bise, et attendit qu'il disparaisse de sa vue pour pénétrer le plus discrètement possible l'immeuble, une étrange boule d'appréhension au ventre...

~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~

Son ultime soirée avec lui. Leurs derniers instants.
Avant un au revoir accablant de tristesse, des adieux déchirants...
Mais silencieux, elle le savait.
Elle sonna à la porte, et se rendit compte que la porte était entrebâillée.

_ Je vous signale que j'aurais pu être une furie et entrer malgré tout dans votre antre comme dans un moulin. Bonjour le sens de la sécurité...

Elle entrait donc en prononçant ces mots, se défaisant de sa veste.
Elle interrompit cependant ses mouvements.
Quelque chose n'allait pas.
Pas de bruit... Aucun son n'indiquant une présence dans l'appartement.
Quand soudain, quelques notes de pianos s'élevèrent...
Elle se dirigea les yeux fermés vers la pièce où l'instrument se situait, guidée par le son.
Elle ouvrit la porte du bureau... Et se figea.

Comment... Et surtout quand avaient-ils pu.... Cela restera un mystère.
Toujours est-il que la pièce, qui autrefois, était d'un blanc immaculé et vide, à l'exception du piano et de son siège, était désormais peinte en bleu pâle, ou du moins éclairée par pas moins 3 lustres – probablement factices- et par la dizaine de chandeliers à pieds disposés par ci par là dans la pièce, cachés par des vasques de verre gravés, de différentes teintes de bleu.
L'ameublement restait sobre, juste une table pour deux décorée dans les tons de la pièce.
Un plateau en verre supportait un gâteau qui semblait être un framboisier.

Le regard de la jeune femme se posa sur le dos du chanteur, qui jouait toujours une mélodie envoûtante.


_ Alors vos engagement c'était...
_ Oh vous voilà... Votre question n'est pas celle à poser... Venez manger un bout de gâteau... J'ai bien vu que vous n'avez quasiment rien mangé ce soir...

Elle baissa les yeux, reconnaissant que le gâteau l'appâtait bien.
Ils s'installèrent et le dégustèrent, sans un mot.

Il leur semblait presque que le silence adoucissait leur peine.
Sauf qu'en vérité, il n'en fut rien. Il n'était propice qu'aux souvenirs, qui , en envahissant la pièce, venaient les consumer un peu plus, les blesser au plus profond, les tuer à petit feu, les ramener plus ou moins progressivement à leurs vies d'avant.
D'avant. Cela semblait si lointain... Pourtant l'un comme l'autre s'était efforcé à leur manière de ne pas sombrer dans cette histoire, dans cette liesse... Dans cet amour.


Terminant sa part, la jeune femme se leva, murmurant une requête qui enchanta le coréen.

_ J'aimerais... Vous jouer un morceau... Un dernier.
_... Avec plaisir.


Quatrième Thème : River Flows in You - Yiruma




Elle se mit à jouer machinalement, sans faire vraiment attention. Les notes s'envolèrent malgré tout, emportant avec elles un peu de sa peine... Exprimant un peu ses émotions.
Cependant, elle n'était pas vraiment très attentionnée.

Il s'était assis près d'elle, comme d'habitude, et avait tourné son visage vers elle, après sa 6è faute.
Il se rendit alors compte que des larmes brillaient dans ses yeux, pourtant bien fixés sur ses mains affairées... Et d'autres perlaient déjà sur ses joues, tandis qu'elle pinçait ses lèvres à chaque nouvelle fausse note ou contretemps.
Cependant, elle continua à jouer, encore et encore. Comme si elle avait peur que... Si elle reprenait tout depuis le début... Elle n'en serait plus capable.

Elle s'acharnait, persévérait, malgré les enchainements de mauvaises notes. Il avait glissé son bras autour de sa taille, et avait déposé sa tête sur son épaule, glissant légèrement son nez au creux de son coup. Les larmes de la française dévalèrent ses joues de plus belles, tandis qu'elle amorçait la fin de la mélodie tremblante, ne tenant plus.

_ Vous l'avez.
_ Pa.... Pardon, bredouilla-t-elle alors qu'elle détournait le regard, essuyant ses yeux rougis par un puissant chagrin inavoué.
Un main, grande et chaude, se glissa sous son menton et approcha son visage de celui de l'artiste.
_ Votre existence...
_ Je ne comprends  ...

Il  l'embrassa. D'un baiser intime comme jamais. Il s'efforçait de l'embrasser avec toute son âme, et elle l'avait bien compris.

La main droite qui soutenait le menton de la jeune femme, s'était immiscée dans sa chevelure. Elle ferma les yeux, tentant de se laisser entrainer dans l'instant de sentimentalité.
Seulement la peur du futur l'assaillant toujours plus fort, elle ne put retenir un sanglot, tout comme elle ne parvint pas à faire cesser les larmes qui l'accompagnaient.

_ Je vous aime, et vous le savez... Cependant, j'ai bien compris ce soir... Et bien avant, que rien ne pourrait vous encourager à rester ici, à mes côtés. Seulement...

Sa main droite du coréen effleura la joue humide de son invitée, la gauche passa rapidement sur ses propres yeux,cherchant à chasser des larmes brûlantes.
Il souffrait énormément, et ne souhaitait aucunement lui montrer.
Pourtant... C'était comme vital, de lui dire ce qu'il pensait. Ce qu'il voulait. Ce qu'il espérait.
Ce qu'il désirait.

_ Seulement... Je vous aime tant que la simple idée de vous quitter me coupe le souffle. Savoir que je ne vous reverrai plus empêche presque mon coeur de battre. Quand j'y repense seul... Mes yeux pleurent ma peine, et mon coeur bat le rythme de ma prochaine langueur. Rester en contact ne me suffira pas, je le sais. Et vous devez savoir pourquoi.
Je suis véritablement fou de vous.

Il lâcha la photographe et se prit la tête dans les mains. Sa détresse se voyait à ses gestes.

_ Pourquoi? Pourquoi a-t-il bien fallu que j'aille à cette satanée soirée? Vous aviez raison finalement... Quand bien même j'aurais continuer à errer vainement, morcelé par le destin, je n'aurais pas eu à ressentir un tel déchirement.

Elle ne pleurait pas. Car elle comprenait. Elle réalisait enfin à quel point ils étaient semblables. À 100%.
Il craignais aussi cette relation trop forte... Cependant...

_ Ne blâmez pas cette soirée... Moi, je la chérirai toute ma vie, et plus encore.

Il releva, la tête, la vit plus belle qu'il ne l'avait vu. Elle avait certes les yeux rougis par les larmes, mais son sourire et cet éclat dans le regard l'achevèrent.
Non... En effet, il devrait plutôt bénir l'hôte qui les avait réunis. Ou...

_ Je préfère bénir le monde qui vous porte.
_ Je bénis simplement celui qui détient mon coeur.

À ces mots, les mains du jeune homme glissèrent vers les reins de la jeune femme, et il lia leurs lèvres en un baiser voluptueux. Avec délice, ils explorèrent la bouche de l'autre, cherchant à être encore plus proche de leur vis-à-vis. Des larmes coulèrent encore, mais cette fois, elle n'avaient pas de poids sinistre... Juste celui d'une certaine libération...

L'avenir soudain ne les effrayait plus. Leurs sens étaient ivres de l'autre, ils étaient en besoin de l'autre... Ils se désiraient et comptaient laisser, pour une unique nuit, parler librement leur concupiscence.

Il se leva, l'entrainant avec lui, et sans même briser leur baiser, ils se dirigèrent vers sa chambre, qu'il ferma à clé. Les autres n'étaient pas sensé rentrer ce soir, ni demain matin...

Sans même savoir comment, ils avaient ôté leurs hauts. Le chemisier mauve de la jeune femme trônait sur une commode, alors que le polo du garçon trainait sur le sol.
Ils se tenaient serrés l'un contre l'autre, debout, au beau milieu de la pièce.
Juste sentir leurs coeurs battre, proches l'un de l'autre comme jamais.

Peut-être que la peine accentuait leurs sensations, mais le contact de leurs peaux nues les électrisa alors qu'ils s'étaient étendus en douceur sur le lit. La jeune femme frissonna dans ses bras, alors que les lèvres du chanteurs parcouraient avidement sa gorge.
Aucun son ne sortait de leurs bouches, pas même un gémissement, rien.
Juste le bruit de draps froissés, de vêtements chiffonnés arrachés... Et le bruit de l'amour qui semblait destiné à une fin prématurée.
D'un nouveau baiser, toujours plus ardent que le précédent, alors que le jeune homme s'attelait à libérer la française de sa jupe.
Il l'a fit se lever sur le lit avec lui, déposa ses lèvres sur ses clavicules, les léchant lentement. Ses mains s'activaient sur la fermeture éclaire de sa jupe.

Sa bouche descendit au creux de sa poitrine, glissant lentement vers son nombril, il était alors agenouillé, léchant, embrassant, caressant la moindre parcelle de peau qui passait sous la soie de ses lèvres.
Arrivées  aux hanches, qu'elles embrassèrent par la même occasion, habitées d'une soudaine fougue, ses lèvres accompagnèrent la lente chute du bout de tissu, dévoilant un autre sous-vêtement.
Lentement.... Délicatement, il l'a fit glisser le long de ses jambes, jusqu'à ce qu'elle atterrisse à ses pieds.

Les yeux toujours ancré dans les siens, elle l'entraina avec elle, se rallongeant sur le lit.
Ils se serraient mutuellement, les mains du chanteur caressant lascivement le dos de la jeune femme, alors qu'ils ne cessaient de s'embrasser. Trop heureux d'être enfin en contact... Trop effrayé à l'idée qu'ils auraient pu se séparer sans en avoir l'occasion.

Alors que le chanteur venait d'ôter son pantalon avec la participation de la jeune française, cette dernière l'attira à nouveau contre elle et se contenta de l'enlacer longuement, la tête enfouie dans le creux de sa nuque...
Elle s'enivrait de son odeur, comme si elle allait disparaître le lendemain.
Elle embrassait sa peau, comme s'il n'allait plus l'aimer le lendemain.
Elle l'aimerait de tout son être cette nuit-là, comme s'il allait mourir le lendemain...


_ Je t'aime.


Il s'écarta d'elle, et se releva un peu, la tenant ainsi à bout de bras.
Il chercha à capter son regard, elle était juste assise , les yeux tournés vers la fenêtre.
Avait-il bien entendu? N'avait-il pas rêvé plutôt? Ces mots... Il s'était imaginé l'instant où elle les prononcerait... Et là, ils venaient de résonner dans l'intimité d'une nuit d'amour... D'une nuit d'une fois... D'une nuit d'une histoire...D'une nuit d'une vie?

_ J'en pouvais plus... J'en avais marre. Je ne voulais pas... Pas le dire. Pas avouer... Mais je ne veux pas me mentir... Te renier...
Je t'aime. Je t'aime à m'en damner... Je t'aime tant que j'en ai mal perpétuellement depuis des mois...
 Je t'aime tant que je te hais d'être ce que tu es, d'être si parfait... D'être si connu...
Je t'aime tant que...Que je m'en veux d'être allée à cette fête... Que je me félicite d'avoir été à cette soirée...
Tu me fais totalement perdre l'esprit... Tout ce que je dis n'a pas de sens... Et pourtant, ça me semble logique... Parce que tu es là... Devant moi...

Elle leva les yeux,croisa son regard et sourit... Sourit, sourit, sourit. Chaleureusement, tendrement, amoureusement...

_ Tu m'aimes, et tu me le dis, tu me le montres... Tu m'embrasses, on s'embrase... Je suis perdue... J'ai peur, j'ai mal... Mais j'ai envie... envie de t'aimer, envie de rester ici...
Elle approcha le visage du chanteur du sien, et susurra ses derniers mots...

_ Envie de toi. Je t'aime Tout simplement... Sauf que j'ai gagné. Tu les as dit avant moi...
_ Ce qui compte c'est que tu l'aies dit... Mais n'étant pas mauvais perdant, je vais te donner ce que je t'avais promis...

Il lui prit la main et l'embrassa... Sa bouche remonta au poignet... Au creux du coude... À l'épaule... Au cou...

Et par surprise, elle l'embrassa alors de tout son coeur, de toute son âme. Collant sa poitrine délivrée de son écrin de dentelle, contre son torse, elle lui montra sa sincérité... Elle se montra enfin entière.
Amoureuse et tendre.
Timide et séduisante.
Fière et compatissante.

Ils se touchèrent, se caressèrent, s'embrassèrent, se mordirent, tendrement, voluptueusement, avidement...

Ils se séparèrent des derniers remparts de tissus, et encore une fois s'enlacèrent.
La pureté des émotions et de l'amour exprimés était ainsi claire, rien ne pouvait dissimuler un quelconque mensonge...
Dans leur plus simple appareil, ils se redirent leurs sentiments... Sans artifice... Sans statut, sans nom, sans origine.
Deux êtres humains, qui s'aimaient du plus profond de leur âme, de leurs coeurs...


Ils se découvrirent entièrement, ne cachant rien de leur corps à l'autre. Ils voulaient être la propriété de l'autre diamétralement, totalement, sans secret.

Et c'est avec une tendresse infinie qui caractérise les premières fois qu'ils firent l'amour, s'unissant physiquement, parachevant ainsi la symbiose de leurs âmes, de leurs esprits, de leurs sentiments... Et de leurs coeurs.
Dans l'obscurité de la chambre, les draps se froissaient, des gémissements s'élevaient, des noms étaient chuchotés, des « je t'aime » flottaient, et le paroxysme du sexe et de luxure couplés à l'amour s'exprima enfin, en un cri uni, pas trop exubérant, pas trop fort... À l'image de leurs vies, humbles, de leur relation, discrète mais complète.

Ils s'étreignaient, tendrement, se caressaient le visage en se fixant affectueusement.

_Ce n'est pas la fin... N'est-ce pas?

La tête délicatement posée sur le torse du chanteur, elle sourit...
Le sommeil les rattrapait... Mais la joie et le contre coup de cette nuit les retenaient éveiller.

_ Ce n'est pas la fin... Ce n'est qu'un début... D'une histoire qui promet d'être un peu chaotique, certes... Mais ça reste un début.
_ Je t'aime... Je t'aime... Reste ici...
_ ... Vous devriez dormir... Demain vous travaillez.
_ Pourquoi tu esquives?
_ Parce que je t'aime.
_... C'est pas une réponse, soupira le jeune homme,  recouvrant  d'un drap leurs corps nus encore fébriles qui frissonnaient par le froid de la pièce.
_ Mais c'est une vérité que je démentirais jamais. Alors que si je répondais oui je reste, ce n'est pas dit que ça soit pour toujours... Mes sentiments, eux sont éternels.
_... Merci, dit simplement le chanteur.

Ils se sourient à nouveaux, et enlacés ils plongèrent dans les bras de Morphée.

Ils s'étaient liés, ils ne firent qu'un, charnellement, le temps d'une nuit.
Ils n'étaient qu'un pour toute la vie spirituellement...
Ils ne se repentaient pas pour cette nuit...
Ils ne regretteraient jamais rien...Pour cette relation...

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Ultime Thème : Black Glasses - Eru



Lyrics en hangeul complètes: ICI *première track*
 
Lyrics romanizées complètes: ICI *première track*
Tranduction en anglais complètes:
ICI *première track*



Un faible rayon de soleil réveilla la jeune femme, toujours placée dans les bras du coréen.
Prudemment, elle s'extirpa de son étreinte et s'entourant la taille d'un draps, elle ramassa ses vêtements.
Elle jetait des coups d'oeil à l'endormi. Touchée par une telle candeur alors qu'il dormait, elle se pencha sur son visage, l'embrassa tout doucement.

_ ... Qu'allons-nous devenir? Murmura-t-elle, alors que ses lèvres étaient toujours contre celles du chanteur. Vers où cet ardent amour va-t-il nous conduire... Habituellement, je me serais déjà enfuie... Je n'aurais pas accepter cet emploi... Mais tu m'as transformée... Merci

Elle ôta une mèche de cheveux... Le chanteur se mit à bouger, s'allongeant sur le ventre, tête face à la fenêtre, les rideaux filtrant les rayons du soleil.

Elle s'écarta, entreprenant de s'habiller pour quitter au plus vite l'appartement... Avant qu'ils ne rentrent... Avant qu'ils ne se réveillent.
Avant de quitter la pièce, elle prit un bout de papier, et y nota un mot qu'elle laissa sur l'oreiller qu'elle s'était accaparée cette nuit.

Elle s'approcha de la porte de la chambre, qu'elle déverrouilla, puis se retourna une dernière fois vers le jeune homme...

La vue qui s'exposait sous ses yeux était comme magique...

Les rayons du soleil tamisés par les rideaux éclairaient le corps nus du chanteur, dont le bas du dos et les cuisses étaient cachés par un fin drap mauve. Son visage n'était pas visible, rendant le tableau d'autant plus superbe.



까만 안경을 써요 아주 까만 밤인데 말이죠
앞이 보이질 않아도 괜찮아요 나는 울고 싶을 뿐이죠

Kkaman angyeongeul sseoyo aju kkaman baminde marijyo
api bo-ijil anhado gwaenchanhayo naneun ulgo shipeul ppunijyo

Even if it is a really black night, wear your black glasses
It doesn’t matter if I can’t see anything because all I want to do is cry


 Elle ressentit un besoin irrépressible de la gravée dans sa mémoire...
Elle sortit son petite appareil numérique de son sac à main, et photographia une fois, deux fois, trois fois... Des dizaines de fois ce qu'elle voyait. Sur chaque cliché, la scène était identique...
Mais elle avait appuyé sur le déclencheur pour chaque larme que ses yeux laissaient échapper.

Elle se résigna enfin à ranger son appareil...
Et à emporter le polo que l'artiste avait porté la veille.
Elle l'avait aidé à s'en défaire...
Elle prit également la paire de lunettes de soleil qu'elle avait choisie, et qu'il avait porté pendant une prise...
Elle sentait qu'elle aurait besoin d'un soutien... De sa présence, d'une manière ou d'une autre à ses côtés.
Une photo, un vêtement, un objet... Et la peine semblait déjà être moins lourde.
Même si son coeur semblait vouloir quitter sa poitrine pour se lover contre sa moitié.

_ À bientôt...

Elle quitta la chambre à grandes enjambées, ne voulant pas se retourner. Ne voulant pas réveiller un regret... Elle sortit son téléphone et appela maladroitement un taxi.

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Sept minutes plus tard, installée dans son taxi, les larmes aux yeux, son téléphone vibra.
Sans même prendre le temps de voir qui l'appelait, elle répondit.

_Tu as lu mon mot, souffla-t-elle faiblement, cherchant à garder une voix claire, et non tremblotante.
_... Oui... Alors ...
_ Ce n'est qu'un au revoir... Heureux?
_ ... Oui... Merci.
_ Hum... Ce n'est donc pas la peine de venir m'accompagner à l'aéroport.
_ ...Tu me manques déjà...
_ ... Saranghaeyo.
Elle raccrocha. Sans un mot de plus... C'était inutile, et il le savait.


사랑해요 나도 울고 있어요 오 난 보고 싶어서 만나고 싶어서 차라리 죽고만 싶어요
미안 해요 잘해주지 못한 나지만 이별까지도 사랑할거에요 행복한 사람이 되어주세요 제발요

saranghaeyo nado ulgo isseoyo o nan bogo shipeoseo mannago shipeoseo charari jukkkoman shipeoyo
mi-anhaeyo jaraejuji mothan najiman ibyeolkkajido saranghalgeo-eyo haengbokhan sarami dwe-eojuseyo jebaryo

I love you and I am crying too
Because I want to see you so much I rather just die
I am sorry and even if I wasn’t that good to you I’ll love you till we separate
Please become a happy person


Elle était rendue à son hôtel.
Devant la porte de sa « chambre », elle attrapa ses clé... pensive. Souriante.
Une fois à l'intérieur, elle sortit l'effet du coréen, et enfouie son visage dedans, murmura quelques mots, la voix étranglée... Mais toujours souriante.

_ Enfin chez soi...


















FIN DE BEHIND OUR MELODY








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