Nous voici au Dernier acte de Behind Our Melody. Je vous souhaite
une très bonne lecture. N'oubliez
pas d'écouter les musiques que vous rencontrerez au cours de
l'histoire.
_
Bienvenue
dans le sanctuaire
des Dieux de l'est Mademoiselle! _ Plutôt
le paradis oui! _ Et nous sommes
les plus beaux chérubins. _ bah non on est
des dieux. On peut pas être nos propres anges,
réfléchis! _ Ça le
sera quand elle pourra entrer, laissez-la passer au moins!
La jeune
photographe venait tout juste de sonner,
légèrement anxieuse et
éreintée. Il avait fallut
qu'elle travaille dès son arrivé au studio et
avait à peine pu passer chez elle se préparer
qu'il était l'heure de rejoindre le chauffeur.
Arrivée à leur immeuble, il y avait toujours une
horde de fans. Elle dut passer
très rapidement, en prenant soin de cacher son visage, au
cas où certaines de celles qui l'avaient poursuivie avec Lui
étaient parmi elles.
Elle
était donc enfin arrivée,
exténuée mais ravie et stressée
d'être avec eux 5, de pénétrer dans
leurs vie, dans leur intimité. Le membre qui
l'avait questionné plus tôt dans la
journée l'attrapa par le poignet afin de forcer le barrage
que formait les 3 autres membres.
Une fois
débarrassée de son long manteau,
dévoilant une tenue qu'elle avait pris soin de choisir,
malgré le temps qui la pressai, une jupe noire assez
évasée, qui virevoltait à chacun de se
mouvement, une chemisier blanc rosé cintré, elle
le suivit dans le salon.
_ Il est en train
de se préparer je crois. Il m'a fait savoir que vous savez
jouer du piano, vous pouvez aller en jouer si vous voulez, le temps
qu'on finisse de tout préparer pour le diner. _ Je... Enfin je
peux peut-être vous aider. Il sourit. Elle
semblait déstabilisée, et cela l'amusait. Il
comprenait pourquoi il l'appréciait tant.
_ Il n'en est pas
question. Vous êtes une invitée, vous n'avez pas
à faire quoique ce soit. Et puis, il ne nous le pardonnerait
pas... _ Je ne te
pardonnerais pas quoi? _ Oh tu es
là... Mais rien, mais tu pourrais au moins te
vêtir un peu plus...
Il avait enfin
fait apparition au seuil de la porte menant au couloir. Comme sa tenue
le laissant comprendre, il sortait vraiment de la douche. Il ne portait
qu'un jean délavé, le torse nu, une serviette sur
les épaules, une autre sur la tête d'où
s'échappaient des mèches encore
trempées,. _ Bah pourquoi? On
a le président à la maison? _ Non... Juste ton
invitée. _ Que.. Quoi?
Il pencha la
tête afin de voir la jeune femme qui était
derrière son ami. Elle s'efforçait de regarder
ailleurs, bien qu'elle souriait d'un air à la fois moqueur
et amusé, les joues cependant roses de confusion et de
gêne. Et cela devait être contagieux, car le rouge
monta aussitôt aux joues du chanteur, qui tenta de se cacher
un peu avec sa serviette.
_ Aish,
désolé! Je.. hum j'arrive. _ Oui,
heureusement que tu avais un jean quand même... Mais le jeune
homme s'était déjà enfui.
I
don't wanna be broken I
wanna be
laughing on a Saturday night
_ Il est nul...
J'ai honte, désolé. _ Ne vous en
faites pas. Je ne peux pas dire que cela m'ait déplu.
Juste... Surprise. _ C'est normal...
Nous parlons d'un DBSK. Combien tuerait pour être
à votre place ce soir. _ Cette personne
ne sait pas à quoi elle s'expose en ayant cette envie
hostile. _ Je... Ne voulais
pas vous offenser. _ Il n'y a pas de
mal, le rassura-t-elle en un sourire. Je sais que cette
hystérie autour de vous ne vous enchante pas plus que cela.
J'en ai d'ailleurs vu en bas de l'immeuble... C'est affligeant. _ En effet.
Désolé, vous avez du avoir du mal à
entrer également. Veuillez m'excuser, je vais finir d'aider.
Vous connaissez le chemin pour le piano, vous traversez le couloir,
où se trouvent les chambres, tout au fond porte à
gauche. _ Merci encore.
Voyant
l'effervescence dans le salon où trônait un arbre
de Noël, la jeune photographe jugea qu'il valait mieux
s'éclipser au calme et prit la direction de la salle de
musique.
Alors qu'elle
allait actionner la poignée, deux bras
l'enlacèrent et la tirèrent en
arrière, contre un torse qu'elle se surprit à
reconnaître alors qu'une des mains qui la tenaient captive
ferma la porte devant elle, l'enfermant dans une chambre.
_ Vous
êtes habillé j'espère... _ Hélas
oui, autant que vous à mon plus grand malheur,
gémit-il en la tourna face à lui. _ S'il vous
plait... _
Désolé. Je souhaite juste... Passer un moment
intime avant de devoir vous partager. _ Je ne suis pas
un objet inanimé. _ Oh je le sais.
Au vu des battements de votre coeur, je le sais.
Elle le regarda,
soupirant face à ce sourire auquel elle n'arrivait
décidément plus à résister.
Ou plutôt, face auquel elle ne voulait plus
résister.
_ On devrait
rejoindre vos amis. De plus s'ils n'entendent pas le piano... _ Vous me
préférez à ce piano? _ ... Question
piège. _ Très
drôle, vraiment... Allez s'il vous plait. Trois minutes. Un -nouveau-
soupir d'abandon résonna.
_ À
quoi bon résister. _ Surtout quand
vous le désirez aussi. _ Je dois avouer
qu'aujourd'hui, il fut pénible et en même temps
agréable de vous photographier, souffla-t-elle, alors qu'il
la prenait un peu plus dans ses bras, sans trop oser la serrer. Alors
autant en profiter maintenant. _
Pénible, pourquoi? Agréable, je peux me douter. _ Ce
n'est pas la modestie qui vous tue. _ Avouez que notre
groupe a peu de raison de l'être... Mais répondez. _ Hum
l'humilité et vous... Bref. Pénible car... Elle
était sur le point d'agrandir une faille dans son masque de
femme insaisissable. Et cela l'énervait. Mais en
même temps...
_Parce que je ne
pouvais pas vous observer à ma guise et... _ Et?,
murmura-t-il à son oreille, alors qu'il l'acculait un peu
plus contre la porte, ses lèvres déviant vers la
gorge de la française, qui se faisait violence de ne pas
embrasser cette bouche tentatrice.
_ Et vous voir
entouré m'exaspérait. Ces maquilleuses,
habilleuses, coiffeuses... Et les fans cachées un peu plus
loin... Vous savoir si près, et ne pas en profiter me
coûtait énormément. Mais difficile
d'avouer que durant les prises j'avais le sentiment que... vous
m'apparteniez. Et la partie pénible sera le fait que lorsque
le photobook sortira, chacune de vos fans vous possèdera
aussi en quelques sorte. _ Oh... Vous
êtes tout aussi jalouse et possessive que moi finalement. _
Peut-être. À la différence que moi, je
ne suis pas placardée sur des milliers de murs, ni
imprimée sur des tonnes de goodies que des ados et gamines
pré-pubères s'arrachent. _... Certes.
Dites-vous alors que grâce à ces gamines, vous
avez pu vivre à mes côtés pendant
quelques temps. _... Hum, je dois
l'admettre... Bon maintenant que vous êtes
habillé, nous pourrions... Mais elle se
tût en voyant le visage de son vis-à-vis
ébloui par un étrange sourire. _ Quoi? _ C'est
typiquement français cet orgueil? _ Je ne suis pas
org... _ Non, ne vous en
faites pas... J'adore ça. _ Ha... Dans ce
cas je dois dire ... Votre gaucherie attendrissante et votre ego
parfois démesuré me sont plus sympathiques que
ceux d'autres artistes. _ Est-ce une
manière retorse et pernicieuse de dire que vous
succombez et vous avouez vaincue? _...
Partiellement. Bizarrement c'est moins avilissant que je ne le croyais,
souffla-t-elle, ne résistant plus à son envie
quasi vitale de joindre ses lèvres aux siennes. Évidemment,
il ne s'en priva pas, glissant ses mains sur les reins
féminins, en remontant une vers la nuque de la photographe.
_ Dites
moi...qu'auriez-vous aimé faire, si nous avions
été seuls sur les shoot? Si ce n'avait pas
été ainsi? _ Je... Vous
observer me comble assez. _ Vous en
êtes sure? S'enquit-il d'une voix soudain plus sensuelle.
Trop sensuelle. Ses lèvres, qui avaient
déviés à nouveau sur son cou,
remontèrent vers sa bouche, qu'il se contenta d'effleurer
lascivement. _ Vous me prenez
pour quel genre de femme? S'indigna t-elle
légèrement. _ Pour une femme
vivante. Amoureuse peut-être. Mais ne vous
méprenez surtout pas.
Elle se
défit de son étreinte, et lui tourna le dos,
tendant la main vers la poignée. Cependant, les
doigts du chanteur s'enroulèrent autour, tandis
que son autre main entoura sa taille, collant son dos contre son torse
finement musclé. Sa bouche alla explorer sa nuque, son
souffle chaud la faisant frissonner de délice,
malgré elle. _ Vous
êtes vexée. Je suis désolé.
Je ne voulais pas... _ Ne vous
inquiétez pas... _ Si. Vraiment
quand je suis avec toi... Je ... Je ne me reconnais pas. Je ne me
contrôle pas aussi bien que d'ordinaire... C'est tellement
énervant. _ Moi je
préfère que vous vous montrez à moi
avec votre vraie personnalité. Vous voir comme avec d'autres
femmes ne m'intéresse pas. Ce que je veux.... Elle
s'interrompit, et se tourna vers lui, planta son regard tranchant dans
le sien. Le brisant. Le déstabilisant.
_ Ce que tu veux..? _ Ce que je
veux... C'est... quelque chose que hélas nous ne sommes pas
autorisés à avoir. Sur ce, elle posa
la main sur la poignée. Mais il ne la lâcha pas
pour autant.
_ Dites le.
Allez-y... _ Je veux une
chose, que nous avons recherché toute notre vie. Que nous
savons que seul l'autre peut nous offrir. Bien que nous ne pouvons pas. _ Qui vous a dit
que nous n'avons pas le droit à l'avoir. Au bonheur. A
l'amour. _ Je ne vous parle
pas d'amour ici, rétorqua-t-elle sèchement. _ Bien sur. On ne
parle pas d'amour. Désolé, lâcha-t-il,
amusé. _Bon allons-y. Et
vous savez pourquoi nous ne pouvons pas être plus proche.
Vous êtes la star, je suis la photographe. _ Et vous
êtes française, je suis coréen. _... En effet. Et
d'ici deux semaines ou trois, je retournerais à Londres.
Elle ouvrit enfin
la porte, il était sur ses talons. _
Déjà deux semaines... _ Et oui... Mais
que voulez vous, nous savions très bien qu'un jour... Qu'un
jour... _ On devait
être séparé à nouveau.
Peut-être pour toujours. On ne .. se reverra
peut-être jamais.
Le coeur de la
photographe loupa un battement.
_ Ne jamais dire
jamais est un de mes principes. Et cela ne vous ressemble pas je trouve. _ Comment
pouvez-vous dire que cela ne me ressemble pas. Ce n'est pas avec le peu
de temps passé ensemble que... _ C'est vrai. Mais
ce n'était pas nécessaire de le remarquer. C'est
juste que... C'est vous qui m'avez fait venir ici. Et le fait que vous
me dites maintenant qu'on ne se reverra jamais est assez malvenu de
votre part.
Elle allait
déboucher enfin dans le salon, où
étaient réunis les 4 autres chanteurs. Il murmura
juste assez fort pour qu'elle seule entende:
_ Vous n'avouerez
donc jamais que vous souhaitez que notre relation soit
plus... stable. Malgré tout les efforts parfois
malhabiles je l'avoue que j'entreprends... Elle tourna la
tête vers lui alors qu'il passait près d'elle, et
le vit gêné, les yeux plissés par la
gêne, et la désolation.
Elle eut envie de
sourire pour le rassurer. Mais elle ne parvint qu'à
esquisser l'ombre de son sourire chaleureux qui lui était
réservé. Il l'avait
blessée avec une vérité qu'elle ne
voulait pas admettre. Cela lui faisait mal de savoir qu'elle allait le
quitter. Mal comme jamais elle n'avait ressenti cela auparavant. Elle pensait,
naïvement... non, elle rêvait naïvement
qu'il pouvait leur arriver quelque chose. D'être
réellement amoureux l'un de l'autre. D'être deux
être banals. Mais ils étaient loin de
l'être. La banalité n'a plus fait partie de leurs
vies depuis que leurs talents avaient été
révélés.
Instinctivement,
alors qu'elle ralentissait, elle put glisser sa main dans la sienne,
grande, chaude. Instinctivement,
il enlaçait ses doigts des siens.
_ Dites moi qu'on
fera tout pour que le rêve perdure. J'ai... J'ai envie d'y
croire tu sais? Il se retourna
enfin vers elle, resserrant sa main. _ J'y crois
aussi... Depuis le premier soir j'y ai cru. Ce n'est pas pour rien que
vous êtes là maintenant. Elle tira sur sa
main, et colla ses lèvres contre les siennes. Un baiser qui
pour une fois n'eut pas grand chose de tendre. Très peu. C'était
plus un baiser désespéré. De
soulagement...
_ Je t'aime. _ ... Moi aussi...
Plus que tout.
L'un comme l'autre
sursautèrent. L'espace de quelques secondes, ils crurent
chacun que leur vis-à-vis venait de se
déclarer... et qu'ils avaient répondu
machinalement... Ce n'est
que quand ils entendirent les 4 autres jeunes hommes pousser des cris
« enfin, elle lui a dit »,
« ah c'est trop mignon » qu'ils
comprirent qu'ils s'agissait en réalité de la
télévision. Ils se mirent
à rire comme des enfants, se moquant de leur propre
bêtise. Qu'ils auraient
aimé que cela soit eux. Mais ils doutaient
qu'un jour...
Elle laissa
finalement sa main glisser de la sienne. Il leur fallait
ré-endosser leurs rôles.
Ils rejoignirent
à tables les 4 autres jeunes hommes. Commença
alors une discussion animée de rires, de cris... De vie.
Le repas
s'ensuivit, délicieux, accompagnés de boissons
alcoolisées, d'autres pas. Les langues se
délièrent un peu, mais tout resta enfantin...
Elle en apprit beaucoup sur lui, sur leur vie de groupe. Quand il
tentait de l'interroger, elle sut faire preuve d'un contrôle,
qui même sous l'effet de l'alcool, ne lui échappa
pas.
Surrounded
by strangers who don’t have a clue That I'm
struggling to find the light
Elle qui vivait
constamment dans le silence, ou l'incompréhension, elle se
sentit happée dans une bulle de bonheur un peu oppressante.
Des amis... Elle en avait. Elle en a toujours. Très peu
maintenant. Mais ils lui restent fidèles. Ce sont
également ses collègues de travail, les seuls
qu'elle puisse supporter... Les seuls qui connaissent son
passé, mais juste le nécessaire. Ses
problèmes qu'elle avait laissé de
côté, mais rien de trop personnel.
I
don’t wanna be open
Cependant, jamais elle n'eut une telle effusion de joie. Et elle
sentait que pendant les moments de douleurs, cet esprit de groupe n'en
était que plus fort.
Dans ces instants, elle, se trouvait plus seule que jamais. Dans son
métier... Dans son esprit, la compassion
« d'amis » est plus basse que la
pitié.. Pourtant, Dieu sait qu'elle aurait aimé
être soutenue... Mais son caractère l'en
empêchait. Autant que son orgueil.
Jamais elle ne s'était sentie aussi à l'aise.
Il suffisait qu'elle le regarde, furtivement... Pour que tout aille
mieux.
wanna
be a photograph under exposed
Il suffisait qu'il la regarde, juste lui, pour qu'elle se sente humaine.
Il suffisait que leurs regards se croisent... Pour qu'ils se sentent
compris.
_ ça ne va pas?
Elle s'était retrouvée adossée contre
le mur du balcon – pas trop près pour
éviter d'être vues par des furies-, une couverture
fine sur les épaules pour ne pas attraper la mort. Un verre
d'eau à moitié vide à la
main, son sac à main à ses pieds. Le regard dans
le vague...
_ Je... pardon?
_ Vous sembliez si perdue dans vos pensées...
_ Oh. Désolée. C'est que... Je ne suis pas
habituée à une ambiance aussi... bruyante que
celle-ci, murmura-t-elle en posant son verre sur une petite table en
pierre appuyée pas loin de la fenêtre, sa main
venant doucement masser sa tempe.
_ Oh... On vous a fatiguée. Je suis navré. Vous
avez la migraine.
_ Non non du tout. J'aime.... J'aime beaucoup être
auprès de vos amis et vous, laissa-t-elle
échapper en un sourire.
_ Hum... Il est vrai que vous êtes bien plus
vous-même en leur présence que seulement avec moi,
soupira-t-il.
_ Vous.. Vous cherchez à me faire culpabiliser. Sauf que
c'est loupé, je n'ai pas de raison de culpabiliser.
Il la regardait, il ne dit rien, il souriait encore et encore...
_ Vous ne nous rendez pas la vie simple vous savez?
Elle s'était décollée de son mur, pour
mieux se rapprocher de lui. Pour sentir sa chaleur l'envelopper dans
cette nuit glaciale. Pour mieux ressentir la sensation de son souffle
sur son visage.
_ Vous savez très bien... Que nous n'avons qu'à
travailler ensemble. Qu'à étouffer... Ce qui nous
secoue depuis quelques mois. D'oublier... Et de vivre comme avant. Et
ainsi... Et ainsi je pourrais...
Impossible
to figure out who I am Right
now I wonder if the world will ever know
Sa voix tremblait
légèrement, mais elle gardait la tête
haute. Il était hors de question qu'elle abandonne.
_ Vous êtes sure? Parce qu'il me semblait que... Vous et moi
avons les mêmes... Les doutes.
Sa main droite caressa comme une fine brise les cheveux de la jeune
femme, qui ferma les yeux.
_ Les mêmes désirs qu'on
préfère taire...
Sa main droite descendit lentement pour s'égarer sur ces
hanches qu'il avait tant parcourues cette nuit-là. Une main
féminine y rejoignit la sienne sur la couverture. Il
fermât à son tour les yeux.
_Les mêmes pensées qui ne seront jamais
prononcées...
Il pencha son visage, ses lèvres effleurant les siennes si
superficiellement, leurs souffles se mélangeant, diminuant
le discernement de la photographe, qui semblait totalement
démunie. Seul son sourire laissait comprendre qu'elle
appréciait cet instant.
_Les mêmes sous-entendus dans les yeux...
Ils les ouvrirent en même temps. Lentement. Et
plongèrent dans le regard qui leur faisait face avec un
abandon total.
_ Et surtout... Les même battements de coeur... Erratiques...
On ne sait pas... Quand on se voit... Si notre coeur tiendra le choc...
On a envie qu'il fasse un bond, un raté.... On sait qu'on
l'aura... Mais on l'appréhende... On l'a... On regrette de
l'avoir eu... Parce qu'on ne devrait pas... Parce qu'on a pas le
droit... Mais on le fait quand même. Parce qu'on aime
ça .. Parce qu'on... a besoin de rien d'autre que cette
autre personne pour se sentir bien. Pour se sentir vivant.
I
don’t know why, love has to be so flawed
Sa main gauche
alla alors se perdre sous la couverture, sur sa poitrine... sur son
coeur.
Au même instant, leurs lèvres se joignirent pour
un baiser des plus sensuels, des plus doux... Des plus emplis de
sentiments.
Will I
ever get, exactly what I want?
Elle n'avait plus d'esprit, ses lèvres étaient
son nouveau centre nerveux, et la bouche de l'autre était sa
cible. Rien d'autre n'importait.
Il était plongé dans l'instant plus que jamais,
perdant totalement la notion du temps. Il ne savait plus si cela
faisait 1 minute ou une heure qu'ils étaient sur le balcon.
Ce qui savait en revanche, c'était qu'il voulait rester aux
côtés de cette femme le restant de sa vie, pour
des milliers d'heures, des millions de minutes, des milliards de
secondes.
_ Je vous aime. Il fallait que je vous le dise. J'ai
cédé, je suis faible. Mais être faible
pour vous me donne l'impression d'être l'homme le plus fort
du monde par cet abandon de mon âme, de mon coeur
à votre personne.
Elle ouvrit lentement les yeux. Pas de doute, elle avait bien
entendu. Cette bouche convoitée était
à 2 millimètres de son oreille. Elle frissonnait
en sentant un souffle chaud la caresser.
_ Je...
_ Je ne vous demande pas de me le dire. Ni maintenant ni jamais, pour
peu que vous n'en n'ayez pas envie. Mais... Accordez moi une chose...
_ Hum...
_ Avouez juste... Juste que vous aimeriez. Que vous aimeriez me le
dire. Que vous aimeriez que je le sache.
And I
don’t care why, the only way to win is to risk it all And
not be afraid to fall
Elle roula des
yeux. Comment était-il possible qu'il la comprenne si bien.
_ Il est difficile de vous mentir... susurra-t-elle alors qu'elle se
rapprocha de ses lèvres pour le bâillonner...
_ Oh vous êtes ... Là.
Désolé...
Comme si dans une pièce de Shakespeare, les deux
héros se seraient faits prendre sur le fait, le
« couple » se sépara
à regret, tête baissé, les mains
entrelacées. Un sourire néanmoins
gravé sur leurs lèvres.
_ C'est rien t'inquiète pas.
_ Hmm... Que se passe-t-il? Vous nous cherchiez?
_ C'est juste que... Votre chauffeur est en bas. Pour vous raccompagner.
Le membre du groupe rentra, pour les laisser seuls quelques secondes de
plus, non sans jeter encore un coup d'oeil sur le balcon, les
lèvres étirées en un sourire
amusé.
_ Oh.
_ Déjà...
_ Et bien, on se revoit demain sur les shootings.
_ Oui... , murmura-t-il, reliant sa main à la sienne. J'ai
vraiment de plus en plus de mal à me séparer de
vous.
_ Pourtant... vous savez ce qui nous attend.
_ Justement. Il y a un moyen... Insensé... Mais il y en a un.
_ Je... Je ne vois pas... Enf...
_ Restez vivre en Corée. Continuez votre carrière
en vous installant ici, la coupa-t-il en un souffle.
_ Ce... Ce n'est pas possible. Ce n'est pas réalisable.
Toute ma vie est à Londres, en Europe.
_ Et votre coeur?
Il planta son regard dans le sien, bien décidé
à la faire avouer à son tour.
_ Où se situe votre coeur? Avec votre vie en Europe? Ou
bien...
_ Il se trouve là où il n'aurait jamais
dû. Sur ce bonne soirée. Lâcha-t-elle
comme si cette réalité lui brûlait la
bouche.
Aussitôt, elle se sépara de sa main, tourna les
talons, salua le reste du groupe et s'en alla comme un coup de vent.
Lui n'avait pas bougé.
Le visage illuminé par le plus beau sourire qu'il fut.
Elle n'avait pas accepté. Elle ne semblait pas
prête pour... Le sera-t-elle un jour était une
question qu'il allait se poser. Mais pas immédiatement. Car
autre chose de plus grand, de plus fort emplissait son esprit.
Elle s'était dévoilée. Et rien
n'aurait pu lui faire plus plaisir que cela. Avec une
subtilité bien particulière qui lui
était propre, elle avait à moitié
avoué
Why do we
have to be so flawed?
~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~
_ Et bien et bien, pour un
avant avant dernier shoot, c'était bien fatiguant.
Le manager était entrain de discuter avec la jeune femme au
studio qu'elle utilisait durant son séjour en
Corée.
_Désolée. Mais vous m'aviez dit qu'il n'y aurait
pas de souci pour passer un jour ou deux au japon._ C'est vrai... Enfin
je pensais que vous m'auriez prévenu quelques jours
à l'avance. En tout cas, plus de deux jours avant.
_ Désolée. Mais vous savez quand l'inspiration
vient...
_ On ne sait jamais quand elle frappera. Ne vous inquiétez
pas, je ne vous blâme pas. C'étaient de
magnifiques prises photo, et les garçons on
apprécié passer 3 jours au japon. Cela vous a
permis de visiter également. Et puis vous leur avez appris
quelque mots de français. Ça ne leur a pas fait
de mal.
_ En effet, j'avais toujours rêvé de visiter le
Japon. Une chance que les garçons maitrisent la langue, du
moins beaucoup mieux qu'ils ne maitriseront le français...
_ C'est sur que c'était amusant de les entendre baragouiner
dans votre langue. Une chance surtout, que personne ne les a reconnu.
_ Certes. En même temps, vous avez réussi
à en forcer deux à se déguiser en
fille.
_ Ahahaha! C'est vrai j'avais presque oublié.
_ Oh, des photos vous permettront de vous en souvenir... De bons
moments en perspective pour vous, des moments de solitude et de honte
pour eux.
_ Non vous n'avez pas fait ça!
_Si si.
_Vous êtes une vraie...Merveille!! J'aurais de quoi les
menacer maintenant, quand ils ne se lèveront pas... Ou quand
ils seront en retard à un show ... Ou... Enfin bref. Merci.
La jeune femme laissa échapper un rire.
_ Bon de retour sur nos terres, vous nous préparez quoi
cette avant dernière prise? Un shoot en intérieur?
_Hum. Oui. Mais il sera mineur. Je n'affectionne pas
spécialement ce genre de shoot, c'est trop banal. C'est le
style de photos qu'on voit dans tous les journaux concernant vos
poulains. Sans vouloir vous vexer.
_ Il n'y a pas de mal. De toute évidence, mes
poulains comme vous dites, préfèrent largement
les shoot à l'extérieur que vous avez
supervisé, complimenta le manager en souriant.
_ Merci. De fait, je vais juste prendre une courte série de
photos de chaque membre, et puis une fois que je les aurais
récupéré sur mes PC, j'irais leur
montrer chez eux les photos des précédentes
prises.
_ Très bien. Ils ne devraient pas tarder. Surtout, n'oubliez
pas d'être prudente quand vous irez chez eux.
_ Ne vous inquiétez pas, Monsieur.
Ils continuèrent à discuter amicalement, les deux
individus s'appréciant de plus en plus.
Arrivèrent alors les 5 jeunes hommes, tout sourire.
La jeune femme les accueillit, un peu plus chaleureusement que
d'ordinaire. Sauf Lui. En effet, elle s'était beaucoup trop
dévoilée à lui pour réussir
à être aussi ... Sûre d'elle que
d'habitude. Elle s'efforça d'agir comme si de rien
était, mais cela ne trompait personne. Les 5 membres la
regardaient tous avec un sourire en coin, ce qui avait le don de
l'exaspérer.
La séance se passa néanmoins très
bien, chacun comprenant vite ce qu'il avait à faire, ils ne
perdirent pas trop de temps, ce qui enchanta tout le monde, finissant
ainsi un peu plus tôt.
_ Yeeeeh on finit tôt, c'est la fête!
_ ça change des 3 jours qu'on a passé au japon!
_ Qu'entends-je? Des mécontents?
_ Oh Madame la...
_ MADEMOISELLE.
_ Euh oui, mademoiselle, la Photographe, non on est pas
mécontent.. On..
_ Déplore simplement nos conditions de travail! PAS CONTENT!
_ Mais vous êtes bêtes ou quoi?
Tous les 6 se mirent à rire comme des benêts. Que
c'était agréable. Malgré
tout ce qu'elle avait tenté pendant ses derniers jours, elle
s'était trop attachée à eux.
Néanmoins, était-elle prête
à s'installer dans ce pays sur un coup de tête? Un
coup de foudre...
Elle était on ne peut plus indécise.
Les regarder tous les 5 aussi joyeux, cette ambiance plus que
familiale... Son regard dans le vide croisa soudain celui du Chanteur.
Qui souriait comme toujours. Inlassablement. Ce sourire qui ne semblait
pas enclin à faner. Comme les sentiments qui
trônent en maîtres dans leurs coeurs.
Elle se contenta de sourire, et d'hôcher la tête
quand il lui demanda si elle allait passer chez eux ce soir.
Aussitôt, les autres la déclarèrent
invitée à diner. Comme à chaque fois
qu'elle passait.
Allait-elle céder? Était-elle prête
à s'installer dans une telle ambiance chaleureuse.
~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~
Thème Second :
Vento d'Europa - Giovanni Allevi
_ Oh Vous vous... Vous êtes déjà
arrivée?
_ Oui, il est déjà 18h... Alors... C'est un
souci? Vous devriez vous y être habitué...
_ Non, non aucun souci seulement...
La jeune femme avait été accueillie
étrangement par un des membres. Il l'a retenu pendant
longtemps dans le vestibule, lançant des coups d'oeil en
direction du salon, avant de finalement la laisser
pénétrer dans l'appartement, non sans avoir fait
du bruit inutilement.
_ Bon... Soir.
La jeune femme Le trouva dans le salon, en compagnie d'un jeune homme
qui lui était totalement inconnu... néanmoins
quelque chose sur le visage de l'individu lui rappelait quelque chose.
_ Oh Enchantée mademoiselle, lança l'inconnu en
se leva, pour lui serrer la main. Vous devez être une des
maquilleuses du groupe non?
Il se pencha discrètement vers le chanteur qui semblait bien
mal à l'aise.
_ Depuis quand SM engage des... Étrangères?
Surtout pour vous.
Son ton déplut particulièrement à la
française, et le chanteur le remarqua bien vite.
_ En fait elle n'est pas maquilleuse, mais photographe. Elle est
française en effet, mais ça n'a jamais
été un problème.
_ Et depuis quand vos photographes se pointent chez vous?
Questionna-t-il sans aucune discrétion pour changer.
_ Depuis qu'une de nos photographes est devenue... Ma petite amie.
Un silence d'outre-tombe s'abattit sur le salon. Ladite petite amie, ne
savait plus où se mettre. Elle espérait un
soutien de l'autre membre, mais elle n'avait pas du faire attention
à ce qu'il portait quand elle est entrée: le
jeune homme devait partir rejoindre les 3 autres à un
essayages de costumes. De fait, à peine avait-elle
pénétré l'appartement, qu'elle
s'était retrouvée seule.
Pourquoi diable avait-il oser mentir ainsi à un inconnu...
Était-ce seulement un mensonge? Qu'importe. Pourquoi
à un inconnu. Il fallait qu'elle sauve la mise.
_ Toujours le mot pour rire ces artistes. Excusez moi, je ne me suis
pas personnellement présentée,. Je suis leur
photographe pour encore très peu de jours, ajouta d'un ton
faussement enjoué la jeune femme, en serrant la main qui lui
était tendue. Malgré ses efforts, son
caractère froid et fier émanait puissamment
d'elle. A qui ai-je l'honneur au juste?
_ C'est mon cousin. Il est venu aux nouvelles, et m'en donner en
passant.
Ledit cousin lança un sourire carnassier à la
jeune femme qui se sentit geler au beau milieu de l'appartement.
Néanmoins, elle ne se laissa pas démonter.
_Oh, je suis ravie de vous rencontrer.
_ J'aimerais en dire autant.
_ S'il te plait. Ne sois pas comme ça.
Elle se contenta de sourire tristement. Elle s'attendait à
tout si elle avait à rencontrer un membre de sa famille,
mais pas à une telle hostilité gratuite.
_ Je... Je vais aller déposer dans la pièce de
travail les vêtements que vos amis ont oublié dans
mon atelier aujourd'hui, avec les photos.
_D'a.. D'accord.
Le jeune homme était visiblement très mal
à l'aise, et désolé de ne pouvoir rien
faire de plus.
Elle aussi en était désolée... Mais
elle préféra s'éloigner, ne pas
montrer qu'elle était affectée. D'autant plus
qu'elle a nié son statut de petite amie. L'un comme l'autre
avait trouvé plus judicieux de ne pas mentionner le fait
qu'elle aurait du diner avec les garçons ce soir.
Cependant, elle n'alla pas déposer les affaires. Elle les
posa sur un buffet qui tombait bien, et se rapprocha du salon,
où une discussion houleuse – en coréen-
avait lieu... Et elle savait qu'elle en était le principal
objet.
_ Tu ne pouvais pas trouver ton bonheur en Corée comme tout
le monde? Pourquoi une fille si peu sociable? Il y a tellement de
filles bien ici, simples qui te correspondraient. Je connais tes gouts
enfin, on est quasiment des frères.
_ Elle me ressemble plus que quiconque au monde, toi compris. Soupira
le chanteur, qui s'était laissé tomber sur le
canapé, tandis que son vis-à-vis faisait les 100
pas devant lui.
Ce n'est pas parce que nous sommes du même sang que tu es
comme moi. Que m'as tu apporté dans ma vie hein?
Le ton du jeune coréen s'était
élevé dans un accès de
colère.
_ Tu étais là quand je souffrais de la solitude?
_ Elle n'était pas là non....
_ NON, tu n'étais pas à mes
côtés. Tu te pointais uniquement pour que je signe
des autographes pour tes amis. Elle, elle s'en moque de ma
popularité. Je dirais même qu'elle la
déteste autant qu'elle méprise son propre
succès.
Elle me complète. Et ça vois-tu, personne d'autre
qu'elle, ne pourra le faire.
Sa voix s'était étrangement radoucie,
à la mention de la jeune photographe.
_ Et si elle te le demande, iras-tu en Europe avec elle? Pour toujours?
Renonceras-tu à toute ta vie ici, pour elle?
_...
Un long silence suivit la question de l'homme, de quelques
années l'aîné du chanteur. Ce dernier
fixa son parent dans les yeux.
_ Je vois. Tu brades famille et carrière pour une vulgaire
amourette. Tu es encore bien trop fragile pour ce monde.
_ Ce n'est pas une amourette! Elle n'est pas assez
égoïste pour cela. Elle sait que toute ma vie est
ici.
_ Et toi, seras-tu assez égocentrique pour lui proposer?
Alors que son univers est en Europe?
_...
_Les femmes, sont les pires guerrières, et leurs charmes
sont les armes les plus destructrices!
Enfin qu'importe. Je pense n'avoir rien à ajouter. De toute
manière tu ne m'écoutes pas. Tu ne nous as jamais
écoutés...
_...Certes. Et c'est grâce à cet
entêtement que je suis devenu ce que je suis maintenant. Tu
peux partir. Merci pour les nouvelles de la famille. Tu leur diras que
tout va bien. Comme toujours, je leur enverrais un planning de nos
passages télé.
Le chanteur s'était levé, et avait
posé une main sur l'épaule de son cousin, dont le
visage était grave.
_ Fais attention à toi. Et même à elle.
Ton statut ne te permet pas d'écouter ton coeur. Le sien non
plus. Et heureusement. Rappelle-toi que bien rares furent les stars de
notre pays à parvenir à vivre leur amour
caché pleinement, sans que quiconque ne s'en
aperçoive. Et désolé de te dire
ça... Mais tu ne feras pas partie des exceptions. Vos fans
sont bien plus malignes... Voire folles, que tu ne peux l'imaginer.
C'est même étonnant qu'elle puisse venir jusqu'ici
en un morceau...
Méfies-toi... C'est tout ce que je peux te conseiller...
Sur ce, l'homme quitta l'appartement sous le regard toujours fier du
chanteur, qui ne lui adresse même pas un mot d'adieu.
Néanmoins, dès qu'il entendit la porte se fermer,
il frappa son poing contre le mur le plus proche.
Pourquoi.
Pourquoi tout devait être si compliqué? Pourquoi
même son plus proche parent, n'était pas avec lui?
Être artiste devait lui permettre de s'évader...
Et non de le séquestrer dans une cage dorée donc
les geôliers seraient ses propres fans, et ses bourreaux sa
propre famille et son patriotisme.
Il s'approcha de la fenêtre pour voir sous ses yeux,
s'étendre la ville où il avait imaginé
finir ses jours.
_ Suis-je prêt à tout abandonner? Ne serait-ce que
par pure folie?Ai-je le droit... De lui demander de renoncer
à tout ce qu'elle n'a jamais connu?
Il sentit alors une main sur son épaule, et sut
instinctivement que c'était elle.
Il se retourna pour brusquement l'enlacer.
_Je pensais que vous étiez partie. Je suis
soulagé.
_ De quoi êtes-vous soulagé? Vous m'avez bien
invité à diner ici non? Je n'allais pas fuir
juste parce que votre cousin ne m'aime pas.
Elle n'eut pas le courage de lui dire qu'elle avait assister
à leur dispute. Bien que celle-ci se soit
déroulée en coréen, elle avait compris
le principal.
Le jeune homme se contenta de la serrer plus fort dans ses bras.
_Bref...Tu... Vous avez une lettre anonyme. Une jeune femme l'a remise
au gardien de mon hôtel en demandant de me la remettre...
Mais elle porte votre nom. C'est mauvais signe... Quelqu'un sait que
nous sommes liés.
Interloqué, le jeune homme s'écarta d'elle, et
prit la lettre qu'elle tenait dans la main.
_ « Concentrez-vous sur votre art. Restez
fidèles aux Cassiopeia. Vous leur devez bien ça.
Les autres
ne valent rien. Elle n'est rien.
Nous pouvons vous le prouver. Oubliez votre stupide coup de coeur. Ou
nous nous chargerons de la faire oublier du monde pour
vous. »
Le jeune homme avait traduit en anglais la lettre.... Sauf les 2
dernières lignes. Trop choqué par de tels propos,
il était hors de question qu'il lui en fasse part... Auquel
cas, elle ne réfléchirait même pas
à sa proposition de s'installer en Corée. Il
respira longuement, cherchant à se calmer, pour ne pas
l'alerter.
_ C'est... Une lettre de menace?
_ En effet. Étrange, alors qu'il vient de me voir...
_... ça ne va pas? Je suis désolée
vous savez... Je n'aurais pas du....
_ De quoi parlez vous? Vous n'avez pas à vous excuser.
Ça va très bien ne vous inquiétez pas.
_ Vous... M'avez enlacée soudainement...Et j'ai vu votre
cousin partir furieux.
Elle omit de préciser qu'il l'avait foudroyé
à nouveau du regard.
_Je suis désolé pour son comportement. Mais
ça va, une petite dispute familiale.
Le chanteur souriait, tentant de cacher sa gêne. La jeune
fille lui prit les mains, réclamant ainsi son attention.
Elle ancra son regard dans le sien.
_ C'était à propos de nous n'est-ce pas? Je vous
l'avais dit. Nous avons trop de responsabilités. Je veux
bien vivre cachée, mais vous n'êtes pas de cette
nature, je le sais au fond de moi. Vous ne devez pas oublier votre
objectif premier. Vous faites parti du monde de la lumière
*Mais ... Ne m'oubliez pas dans
l'ombre malgré tout.*
Son regard baissait peu à peu...
_ Rien... Rien ne doit être plus important que
votre vie, votre passé, ici, avant notre
rencontrer.
*Mais ne reniez
pas notre
passé.*
Toujours plus bas... Inlassablement...
_Ce n'est pas votre rôle d'effacer une partie de vous, pour
moi.
*C'est à moi de disparaître...
à mon plus grand désespoir.*
Elle avait les yeux à demi-clos.
Il était profondément triste. Comme rarement il
ne l'avait été. Comme s'il sentait les
sous-entendus qu'elle avait pensé à chaque phrase.
Cependant, il baissa les yeux, soumis... Résigné.
_ Vous...
_ J'ai raison, vous avez forcément tort, quoique vous alliez
dire. Fin de la discussion. J'ai... J'ai encore
énormément de travail, il faut que j'y aille.
Désolée pour ce soir. Sur ce passez une bonne
soirée avez vos amis. Je serais au shoot, à 11h.
Et sans attendre une réaction, elle sortit en enfilant sa
veste, ses talons claquant sur le lino du couloir.
Il se saisit aussitôt de son portable, et composa le
numéro de la jeune femme.
_...Pourquoi m'appelez-vous?
_ Parce que vous avez fui peut-être?
_ J'ai beaucoup de choses à faire, et le temps me manque,
avant que je ne rentre chez moi. Alors désolée
pour le diner mais...
_.... Et bouder en fait partie?
_ ...
_ Écoutez, ne faites pas l'enf...
_ Non, vous écoutez-moi! Il y a bien des fois, où
il est bon d'être égoïste voyez-vous. Et
je ne l'ai pas été très souvent. C'est
l'occasion ou jamais. Votre cousin l'a bien été
ce soir... Je finis par beaucoup réfléchir
à notre relation si on peut appeler ça une
relation... Que peut-elle vous apporter? Moi c'est
différent, je n'ai plus personne. À part mon
emploi et mon reste de coeur, je n'ai rien à perdre ou
presque. Mais pour vous qui ne manquez de rien?
_ Je suis ...
_ Qu'est-ce que cela peut-il vous donner que vous n'ayez
déjà ? Une autre dispute avec un autre membre de
la famille? Le coupa-t-elle.
_ Il...
_ Vous savez, j'étais réticente à
rencontrer quelqu'un d'aussi proche de vous. Parce que... Parce que je
n'ai pas à être aussi proche de vous, que lui
l'est... Vous comprenez?
_ Je...
_Et si vous ne comprenez pas, c'est normal. Ne cherchez pas, de toute
évidence à quoi cela nous mènera?
À une autre lettre de menace?
_ Att... Attendez! On ne...
_ Bonne soirée, Monsieur le DBSK.
Elle raccrocha, fourra violemment son portable dans son sac
à main, alors qu'elle disparaissait dans la foule de fans,
sans prendre la peine de se cacher. Après tout, elle ne
risque pas de revenir... Et si quelqu'un savait
déjà qu'ils entretenaient une relation... Cela
signifie que le mal est fait... Et il était très
douloureux dans son coeur.
Il lança son portable à travers le salon.
Après tout, elle n'avait pas l'air prête
à le rappeler. Bien qu'il aurait aimé... Il
aurait aimé qu'elle le rappelle, en larmes,
s'excusant ou pas, lui demandant de venir la rejoindre, lui
avouant qu'elle l'aimait, qu'elle se moquait de tout cela...
Mais lui... Se moquait-il des conséquences finalement?
Cette nuit-là, il neigea abondamment...
~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~
Troisième
Thème : Back To Life - Giovanni Allevi
5 êtres, tous vêtus de blancs, posaient dans le
jardin enneigé du palais Gyeongbok pour ce dernier shooting.
Une espèce d'ambiance féérique
régnait.
Et, bien dans son rôle, la française qui semblait
bien plus fatiguée et frêle que d'ordinaire,
gouvernait, en reine de glace. Y compris avec lui.
Beauté glaciale, elle ne souriait qu'avec parcimonie, et
distillait au compte-goutte ses mots ce jour-là.
Pas même un signe, un regard envers le chanteur, qui par
nervosité, ne faisait jamais ce qu'il fallait.
Parce qu'il savait pertinemment pourquoi elle agissait ainsi.
Son manque de réaction la veille, avait trahi son
hésitation. Ses doutes.
Sa conversation avec son cousin avait mine de rien laissé
des traces... Et la jeune femme ne l'acceptait pas.
Accumulant gaffes sur gaffes, le chanteur se fit reprendre par la
française qui employa le ton le plus hautain qu'il n'avait
jamais entendu.
_ Je vous prierais de vous reprendre.
_ Je suis désolé
_ Oh oui je l'ai bien compris, c'est là
douzième fois environ que vous me le dites. Mais vous faites
perdre leur temps à des dizaines de personnes. Soyez un peu
plus mature et professionnel. Pour une fois.
_ Excusez-moi, cela ne se reproduira plus.
_ Je l'espère bien. Auquel cas je finirais par croire que
vous ne savez pas prendre vos responsabilités, monsieur le
chanteur.
Ne tenant plus, il l'attrapa et l'entraina dans l'espèce de
grande caravane où ils se changeaient, prétextant
aux membres et à l'équipe technique, qui n'avait
surement pas entendu leur échange, qu'il devait lui rendre
un effet qu'elle avait oublié chez eux.
Une fois à l'intérieur, non sans avoir
lâché son poignet, il l'accula contre un mur. Son
regard pétillait de rage mais surtout
d'incompréhension et de tristesse. Celui de la jeune femme
semblait vide, morne, avec malgré tout une lueur de
colère.
_ Lâchez-moi.
_ Non, d'abord expliquez-vous? C'était quoi ce comportement?
Qu'est-ce qu'il y a?
_ Il y a que vous n'étiez pas concentré. Donc je
vous ai repris. Point. Sur ce nous avons encore pas mal de
travail, j'ai pris du retard par votre faute je dois encore
photographier 3 de vos cama...
Un baiser, d'abord rude, qui finit par être d'une tendresse
absolue l'empêcha de continuer, et réduisit sa
colère et sa volonté à
néant.
Elle ne voulait plus être forte.
Elle ne voulait plus être seule.
Elle ne voulait plus être
« rien ».
Elle ne voulait plus que ses sentiments continuent à
survivre dans l'ombre et l'abandon.
Elle ne voulait plus se mentir.
Elle voulait être plus qu'une partie de sa vie. Elle voulait
être SA vie.
Ses mains s'agrippèrent au haut du jeune homme comme
à une bouée de sauvetage. Elle approfondit le
baiser avec une fougue inédite, comme si ce baiser n'allait
pas avoir de lendemain.
Se détachant de la photographe, il ouvrit les yeux, et fut
surpris de la voir en larmes. Surpris, mais étrangement
satisfait.
Cependant, malgré la détresse dont elle semblait
être victime, la jeune femme gardait sa voix sous
contrôle, comme si elle se forçait à
garder une certaine dignité.
_ Pourquoi? Pourquoi m'avez-vous rendue ainsi? Pourquoi
êtes-vous ainsi? Je n'en peux plus. Je pensais avoir tout
enduré, la solitude, l'amertume... Mais visiblement, ce ne
fut que des chimères, par rapport à la douleur
que j'ai pu ressentir par votre faute.
_ De quoi veux-tu parler?
_ Hier... Hier j'ai tout entendu. J'ai plus ou moins compris... Je sais
pertinemment que l'on ne devrait pas... Mais est-ce si mal?
N'avons-nous pas, nous aussi, droit au bonheur comme nous l'entendons?
Le jeune homme, soudainement ébranlé par ses
mots, l'enlaça. Sans savoir quoi répondre. Sans
savoir quoi faire. Juste la serrer au plus près de son coeur.
_ Pourquoi dois-je être encore et toujours source de
désagrément. Tout aurait
été plus simple sans cette soirée.
Sans nos statuts.
_ Non. Non tu te trompes, murmura-t-il au creux de son cou. Tout aurait
été plus compliqué. Plus difficile.
Vivre seul sans ma véritable moitié.... Sans
savoir qu'elle existe vraiment m'aurait été
insupportable. Vous ne pouvez pas imaginer combien c'est dur de se
sentir constamment seul... Malgré le monde qui m'entoure,
malgré « l'amour » de
mes fans. Combien c'est dur d'avoir aimé. Combien c'est
humiliant de se rendre compte du mensonge sur lequel reposait ce qu'on
pense être une relation... Et combien on est
effrayé quand on se surprend alors à se dire
« c'est rien. C'est pas grave. Finalement je m'en
fous. ». Maintenant, grâce à
vous, je sais pourquoi j'ai dit ça. Je sais que j'ai eu
raison... Mais ça n'efface pas la douleur.
Vous seule pouvez la supprimer. Je donnerais tout, pour vous aimer
comme je l'entends. Parce que je suis prêt à vous
aimer, comme vous l'entendez.
Un nouveau baiser survint, orchestré par la
française cette fois. Il se laissa dominé, trop
heureux de la sentir si douce. De sentir qu'elle se rapprochait un peu
plus, de sentir... Qu'elle ouvrait un peu plus son coeur.
Elle y mit cependant fin, détourna le visage.
_ Il... Il faut y aller. Nous nous sommes absentés depuis
trop longtemps.
Sa voix était lointaine, exprimant un désir
qu'elle aurait mieux aimé taire. Mais le sourire qu'elle
arborait malgré elle était si chaleureux, qu'il
en oublia toute envie de contestation.
_J'aimerai tellement que tu restes proche de moi. Pour toujours. Tout
le temps. Qu'à la moindre envie, au moindre sentiment de
solitude, de déchirement, je puisse venir te voir, juste te
regarder... Cela rendrait ma vie tellement plus simple et plus belle.
_ Tout le temps n'est pas possible. Mais ... Mais il n'est pas dit que
je ne revienne pas. Après tout, vous n'êtes pas
les seuls qui méritent d'être
photographié par moi.
Elle s'écarta de lui pour sortir de la caravane, mais une
main sur la sienne l'interrompit, des lèvres dans
son cou la pétrifièrent. Mais elle sourit.
_ Cela va-t-il devenir une habitude?
_ Jure moi juste que je resterais le centre de ton monde. À
jamais...
_ Je ne renoncerais jamais à la seule existence
qu'il m'ait été donnée de recevoir.
Elle est plus que ma raison de vivre maintenant.
Puis elle sortit de la caravane, et instantanément, reprit
son masque de fierté. Mais avec une différence.
Elle souriait enfin de tout son coeur, pour la première
fois. Bien que ce fut la dernière fois qu'elle les
photographiait, elle y mit tout son coeur.
~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~
Le lendemain, la jeune femme avait comme dernière
tâche de rassembler les photos pour le book. Une
étrange mélancolie s'empara d'elle, quand elle
admira toutes les photos qu'elle avait prises en un mois.
En un mois, beaucoup de choses avaient changé.
Et ce à cause d'une seule soirée.
Elle tomba sur une de ses photos individuelles... Il y portait des
lunettes de soleil, qu'ils avaient achetées ensemble au
Japon... Elle les avait tout simplement adorées
dans la boutique.
Même à travers le verre teinté, elle se
souvenait qu'elle pouvait ressentir de l'intensité de son
regard... Elle l'avait d'ailleurs réprimandé en
privé, lui intimant d'arrêter ce petit jeu... Il
lui avait presque rit au nez... Avant de l'embrasser furtivement...
Se surprenant à soudainement broyer du noir, elle se remit
activement à la sélection, qu'elle acheva juste
à temps, quand le manager des Dong Bang Shin Gi
s'était présenté au studio.
Et le manager des garçons venait le
récupérer. Il lui remit quelques dossiers qui
semblaient confidentiels, car il n'en parla pas en présence
des autres membres de l'atelier. Et avec, il lui tendit des
clés et un petit sac plastique opaque. La jeune femme lui
fit la bise pour le remercier.
_ Oh vous savez, ce n'est rien. C'est un plaisir renouvelable du coup.
Et puis vous avez fait un remarque travail. L'équipe
technique tient à vous inviter à faire la
fête pour clore cette période de travail commun.
Qu'en dites-vous?
_Oh vous savez, c'est un réel plaisir, merci beaucoup.
_ Très bien, alors vous n'avez qu'à rester ici,
et je viendrais vous récupérer d'ici... Oh une
heure?
_ Disons plutôt une heure trente. Que je puisse passer
à mon ... à mon appartement.
_C'est noté.
_ Merci en...
Mais son portable sonna, l'interrompant. Elle regarda le nom de
l'interlocuteur, et fit un sourire triste.
Le manager comprit aussitôt, et lui fit signe qu'il partait,
murmurant un « see you later »
qui l'a fit rire.
_ Oui allô?
_ Oh, vous répondez enfin... Je vous dérange
peut-être.
_ Non non, pas du tout, j'étais avec votre manager. J'ai
fini la sélection et la retouche... Mais qui y-a-t-il?
_ Oh rien de .. De bien grave. Je voulais savoir si...Si vous
accepteriez de passer votre dernière soirée avec
moi à l'appartement.
Sa dernière soirée... Il avait
prononcé ces mots d'un ton si abattu qu'elle eut presque les
larmes aux yeux.
_ Je... C'est gentil, mais je viens d'accepter une soirée
avec l'équipe technique et...
_ Oui oui je sais. Les garçons y vont aussi. Et... Et moi
peut-être. A condition que vous acceptez de venir
ici après.
_ Enfin, je ne sais ...
_ Qu'importe l'heure, même pour 3 secondes. J'y tiens. Je
t'en prie...
_.. De toute évidence, il est hors de question que je ne
vous voies pas ce soir en privé... Alors c'est d'accord.
Mais vous venez aussi ce soir.
_Très bien. À plus tard alors.
_ C'est ça.
Et ils raccrochèrent. Ce soir allait être une
soirée mémorable, lourde de
conséquences et marquera leurs mémoires...
~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~
Le repas s'était déroulé en tout
début de soirée dans un restaurant traditionnel
de Séoul. Il semblait à la photographe que tout
avait été préparé depuis un
long moment. Réservation etc etc.
Sans qu'elle ne s'en soit rendue compte, elle s'était bien
plus intégrée à son environnement.
Elle s'était faite, loin de tout ce qui faisait son
quotidien, des relations extraordinaires... Des amis merveilleux.
L'ambiance était délicieuse, tout le monde
s'amusait bien, riait aux blagues, dégustait un succulent
repas...
Tout le monde, ou presque.
La française souriait, parlait riait... Mais
n'était pas là. Elle n'avait quasiment rien
mangé de la soirée. Elle ne voulait pas profiter
trop pleinement d'une soirée qui amorcerait un adieu des
plus déchirants.
Lui, était totalement éteint. De savoir que dans
plusieurs dizaines d'heures, plusieurs milliers de
kilomètres allaient les séparer pour une
durée indéterminée. Et la voir si...
ouverte aux autres, le rendait presque malade. De jalousie. De
tristesse. Et lui coupait également l'appétit.
Alors qu'il repensait aux mots de son cousin, ses 4 amis lui
signalèrent qu'il était temps qu'il y aille.
Il était encore bien tôt, mais il avait
à faire.
Il salua toute l'équipe. Et partit sans prendre le temps de
glisser un mot à la française.
Mais les autres chanteurs lui expliquèrent qu'il avait des
engagements d'une extrême importance. Mais qu'il sera bien
à l'appartement comme il lui avait dit.
Elle comprit donc qu'ils étaient dans la confidence.
Une douleur étrange lui serra alors le coeur, comme un
énorme étau, en voyant qu'ils lui souriaient tous
tendrement.
Elle avait mal à l'idée d'être
séparée d'eux.
Elle s'était fait plus que des amis... Elle
s'était créée une petite famille avec
ce boys band.
Les larmes commencèrent à lui monter aux yeux.
Les artistes, émus, la prirent dans leur bras pour une
accolade collective.
La proposition du chanteur se faisait de plus en plus
présente à son esprit.
S'installer ici. Continuer à travailler ici.
Près d'eux.
Près de lui.
Ils étaient encore tous autour d'elle, quand les membres de
l'équipe technique ainsi que le manager lui
annoncèrent qu'ils devaient se quitter là. Ils
avaient du travail le lendemain vers Pusan, et le manager devait
checker l'emploi du temps des garçons. Ils ne pouvaient donc
pas faire la fête trop longtemps.
Ce fut une succession d'embrassades, de pleurs pour certaines des
collègues de la française. Elle prit alors pleine
conscience des liens que ces semaines passées
auprès d'eux avaient créés.
Il ne restait donc plus que la photographe et le reste du groupe... Qui
visiblement devait aussi s'absenter.
_ Nous sommes désolés, mais nous avons aussi des
obligations nous aussi. Il m'a envoyé un message, il vient
juste d'arriver chez nous. Vous pouvez donc l'y rejoindre.
_ Très bien... Merci pour tout.
_ Non merci à vous. Vous avez fait beaucoup plus qu'un
simple travail de photographe. Vous avez changé l'un des
nôtres... Dans le fond vous nous avez tout
changés. Et nous vous serons toujours reconnaissant.
Elle sourit, cachant sa bouche de sa main, émue
véritablement aux larmes.
_ Vous resterez notre photographe
préférée. Et vous êtes
la bien venue chez nous.
_ Merci énormément... Vous êtes des
artistes extraordinaires...Je vous considère comme des
amis... Des frères presque...
_ Oh non on va pleurer aussi! Nous on aussi, on vous admire.
_ Ouais, non c'est pas le moment du tout hein! Vous êtes une
soeur aussi... Excepté pour l'un d'entre nous.
_Oh non, t'as dévoilé mon secret. Et ouii je vous
aimeee!!
Un rire général secoua le petit
comité. Le sérieux reprit très
rapidement le dessus...
_ Vous devez être la seule photographe qui ait fait un aussi
bon boulot avec nous comme modèles.
_ Ça va être étrange de travailler avec
d'autres photographes... De ne plus vous voir...
_ C'est réciproque... Avec qui vais-je avoir de si bon fous
rires, de courses poursuites, ou de batailles dans la neige...
_ ...On doit avoir l'air malin tous à pleurer là.
Puis ils embrassèrent, se promettant de se revoir. Un
sourire triste sur toutes les lèvres, pour ce que chacun
espérait n'être qu'un « au
revoir ».
Ils partirent dans leur van, tandis que la photographe grimpait dans la
voiture avec chauffeur qu'on lui avait commandé.
Toujours le même chauffeur, d'un certain âge,
depuis cette soirée en Chine... Lui aussi était
devenu un compagnon. Combien de fois l'avait-il vue en perdition... Ne
sachant plus que faire...
La fois où elle était partie
précipitamment de l'appartement du groupe, elle avait
osé l'appeler...
Elle avait oser se confier à lui...
Elle avait osé pleurer dans son véhicule...
C'était le signe que l'amour avait tout changé en
elle. Y compris sa fierté.
Jamais elle n'aurait pu pleurer face à un inconnu... Face
même à un ami... Avec le temps il était
devenu son confident.
Sur leur dernier trajet ensemble, ils discutèrent... Et elle
le remercia. D'avoir été là. Le vieil
homme se contenta de lui dire que cela avait été
un plaisir... Et pour la touche d'humour, il ajouta que cela l'avait
changé de conduire une jeune femme. Les garçons
c'est bien, mais trop de testostérone fatigue un homme
âgé.
Une fois qu'ils furent arrivés non loin de l'immeuble du
groupe, elle le força à quitter son volant pour
lui faire la bise, et attendit qu'il disparaisse de sa vue pour
pénétrer le plus discrètement possible
l'immeuble, une étrange boule d'appréhension au
ventre...
~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~
Son ultime soirée avec lui. Leurs derniers instants.
Avant un au revoir accablant de tristesse, des adieux
déchirants...
Mais silencieux, elle le savait.
Elle sonna à la porte, et se rendit compte que la porte
était entrebâillée.
_ Je vous signale que j'aurais pu être une furie et entrer
malgré tout dans votre antre comme dans un moulin. Bonjour
le sens de la sécurité...
Elle entrait donc en prononçant ces mots, se
défaisant de sa veste.
Elle interrompit cependant ses mouvements.
Quelque chose n'allait pas.
Pas de bruit... Aucun son n'indiquant une présence dans
l'appartement.
Quand soudain, quelques notes de pianos
s'élevèrent...
Elle se dirigea les yeux fermés vers la pièce
où l'instrument se situait, guidée par le son.
Elle ouvrit la porte du bureau... Et se figea.
Comment... Et surtout quand avaient-ils pu.... Cela restera un
mystère.
Toujours est-il que la pièce, qui autrefois,
était d'un blanc immaculé et vide, à
l'exception du piano et de son siège, était
désormais peinte en bleu pâle, ou du moins
éclairée par pas moins 3 lustres –
probablement factices- et par la dizaine de chandeliers à
pieds disposés par ci par là dans la
pièce, cachés par des vasques de verre
gravés, de différentes teintes de bleu.
L'ameublement restait sobre, juste une table pour deux
décorée dans les tons de la pièce.
Un plateau en verre supportait un gâteau qui semblait
être un framboisier.
Le regard de la jeune femme se posa sur le dos du chanteur, qui jouait
toujours une mélodie envoûtante.
_ Alors vos engagement c'était...
_ Oh vous voilà... Votre question n'est pas celle
à poser... Venez manger un bout de gâteau... J'ai
bien vu que vous n'avez quasiment rien mangé ce soir...
Elle baissa les yeux, reconnaissant que le gâteau
l'appâtait bien.
Ils s'installèrent et le dégustèrent,
sans un mot.
Il leur semblait presque que le silence adoucissait leur peine.
Sauf qu'en vérité, il n'en fut rien. Il
n'était propice qu'aux souvenirs, qui , en envahissant la
pièce, venaient les consumer un peu plus, les blesser au
plus profond, les tuer à petit feu, les ramener plus ou
moins progressivement à leurs vies d'avant.
D'avant. Cela semblait si lointain... Pourtant l'un comme l'autre
s'était efforcé à leur
manière de ne pas sombrer dans cette histoire, dans cette
liesse... Dans cet amour.
Terminant sa part, la jeune femme se leva, murmurant une
requête qui enchanta le coréen.
_ J'aimerais... Vous jouer un morceau... Un dernier.
_... Avec plaisir.
Quatrième
Thème : River Flows in You - Yiruma
Elle se mit à jouer machinalement, sans faire vraiment
attention. Les notes s'envolèrent malgré tout,
emportant avec elles un peu de sa peine... Exprimant un peu ses
émotions.
Cependant, elle n'était pas vraiment très
attentionnée.
Il s'était assis près d'elle, comme d'habitude,
et avait tourné son visage vers elle, après sa
6è faute.
Il se rendit alors compte que des larmes brillaient dans ses yeux,
pourtant bien fixés sur ses mains affairées... Et
d'autres perlaient déjà sur ses joues, tandis
qu'elle pinçait ses lèvres à chaque
nouvelle fausse note ou contretemps.
Cependant, elle continua à jouer, encore et encore. Comme si
elle avait peur que... Si elle reprenait tout depuis le
début... Elle n'en serait plus capable.
Elle s'acharnait, persévérait, malgré
les enchainements de mauvaises notes. Il avait glissé son
bras autour de sa taille, et avait déposé sa
tête sur son épaule, glissant
légèrement son nez au creux de son coup. Les
larmes de la française dévalèrent ses
joues de plus belles, tandis qu'elle amorçait la fin de la
mélodie tremblante, ne tenant plus.
_ Vous l'avez.
_ Pa.... Pardon, bredouilla-t-elle alors qu'elle détournait
le regard, essuyant ses yeux rougis par un puissant chagrin
inavoué.
Un main, grande et chaude, se glissa sous son menton et approcha son
visage de celui de l'artiste.
_ Votre existence...
_ Je ne comprends ...
Il l'embrassa. D'un baiser intime comme jamais. Il
s'efforçait de l'embrasser avec toute son âme, et
elle l'avait bien compris.
La main droite qui soutenait le menton de la jeune femme,
s'était immiscée dans sa chevelure. Elle ferma
les yeux, tentant de se laisser entrainer dans l'instant de
sentimentalité.
Seulement la peur du futur l'assaillant toujours plus fort, elle ne put
retenir un sanglot, tout comme elle ne parvint pas à faire
cesser les larmes qui l'accompagnaient.
_ Je vous aime, et vous le savez... Cependant, j'ai bien compris ce
soir... Et bien avant, que rien ne pourrait vous encourager
à rester ici, à mes côtés.
Seulement...
Sa main droite du coréen effleura la joue humide de son
invitée, la gauche passa rapidement sur ses propres
yeux,cherchant à chasser des larmes brûlantes.
Il souffrait énormément, et ne souhaitait
aucunement lui montrer.
Pourtant... C'était comme vital, de lui dire ce qu'il
pensait. Ce qu'il voulait. Ce qu'il espérait.
Ce qu'il désirait.
_ Seulement... Je vous aime tant que la simple idée de vous
quitter me coupe le souffle. Savoir que je ne vous reverrai plus
empêche presque mon coeur de battre. Quand j'y repense
seul... Mes yeux pleurent ma peine, et mon coeur bat le rythme de ma
prochaine langueur. Rester en contact ne me suffira pas, je le sais. Et
vous devez savoir pourquoi.
Je suis véritablement fou de vous.
Il lâcha la photographe et se prit la tête dans les
mains. Sa détresse se voyait à ses gestes.
_ Pourquoi? Pourquoi a-t-il bien fallu que j'aille à cette
satanée soirée? Vous aviez raison finalement...
Quand bien même j'aurais continuer à errer
vainement, morcelé par le destin, je n'aurais pas eu
à ressentir un tel déchirement.
Elle ne pleurait pas. Car elle comprenait. Elle réalisait
enfin à quel point ils étaient semblables.
À 100%.
Il craignais aussi cette relation trop forte... Cependant...
_ Ne blâmez pas cette soirée... Moi, je la
chérirai toute ma vie, et plus encore.
Il releva, la tête, la vit plus belle qu'il ne l'avait vu.
Elle avait certes les yeux rougis par les larmes, mais son sourire et
cet éclat dans le regard l'achevèrent.
Non... En effet, il devrait plutôt bénir
l'hôte qui les avait réunis. Ou...
_ Je préfère bénir le monde qui vous
porte.
_ Je bénis simplement celui qui détient mon coeur.
À ces mots, les mains du jeune homme glissèrent
vers les reins de la jeune femme, et il lia leurs lèvres en
un baiser voluptueux. Avec délice, ils
explorèrent la bouche de l'autre, cherchant à
être encore plus proche de leur vis-à-vis. Des
larmes coulèrent encore, mais cette fois, elle n'avaient pas
de poids sinistre... Juste celui d'une certaine libération...
L'avenir soudain ne les effrayait plus. Leurs sens étaient
ivres de l'autre, ils étaient en besoin de l'autre... Ils se
désiraient et comptaient laisser, pour une unique nuit,
parler librement leur concupiscence.
Il se leva, l'entrainant avec lui, et sans même briser leur
baiser, ils se dirigèrent vers sa chambre, qu'il ferma
à clé. Les autres n'étaient pas
sensé rentrer ce soir, ni demain matin...
Sans même savoir comment, ils avaient
ôté leurs hauts. Le chemisier mauve de la jeune
femme trônait sur une commode, alors que le polo du
garçon trainait sur le sol.
Ils se tenaient serrés l'un contre l'autre, debout, au beau
milieu de la pièce.
Juste sentir leurs coeurs battre, proches l'un de l'autre comme jamais.
Peut-être que la peine accentuait leurs sensations, mais le
contact de leurs peaux nues les électrisa alors qu'ils
s'étaient étendus en douceur sur le lit. La jeune
femme frissonna dans ses bras, alors que les lèvres du
chanteurs parcouraient avidement sa gorge.
Aucun son ne sortait de leurs bouches, pas même un
gémissement, rien.
Juste le bruit de draps froissés, de vêtements
chiffonnés arrachés... Et le bruit de l'amour qui
semblait destiné à une fin
prématurée.
D'un nouveau baiser, toujours plus ardent que le
précédent, alors que le jeune homme s'attelait
à libérer la française de sa jupe.
Il l'a fit se lever sur le lit avec lui, déposa ses
lèvres sur ses clavicules, les léchant lentement.
Ses mains s'activaient sur la fermeture éclaire de sa jupe.
Sa bouche descendit au creux de sa poitrine, glissant lentement vers
son nombril, il était alors agenouillé,
léchant, embrassant, caressant la moindre parcelle de peau
qui passait sous la soie de ses lèvres.
Arrivées aux hanches, qu'elles
embrassèrent par la même occasion,
habitées d'une soudaine fougue, ses lèvres
accompagnèrent la lente chute du bout de tissu,
dévoilant un autre sous-vêtement.
Lentement.... Délicatement, il l'a fit glisser le long de
ses jambes, jusqu'à ce qu'elle atterrisse à ses
pieds.
Les yeux toujours ancré dans les siens, elle l'entraina avec
elle, se rallongeant sur le lit.
Ils se serraient mutuellement, les mains du chanteur caressant
lascivement le dos de la jeune femme, alors qu'ils ne cessaient de
s'embrasser. Trop heureux d'être enfin en contact... Trop
effrayé à l'idée qu'ils auraient pu se
séparer sans en avoir l'occasion.
Alors que le chanteur venait d'ôter son pantalon avec la
participation de la jeune française, cette
dernière l'attira à nouveau contre elle et se
contenta de l'enlacer longuement, la tête enfouie dans le
creux de sa nuque...
Elle s'enivrait de son odeur, comme si elle allait
disparaître le lendemain.
Elle embrassait sa peau, comme s'il n'allait plus l'aimer le lendemain.
Elle l'aimerait de tout son être cette nuit-là,
comme s'il allait mourir le lendemain...
_ Je t'aime.
Il s'écarta d'elle, et se releva un peu, la tenant ainsi
à bout de bras.
Il chercha à capter son regard, elle était juste
assise , les yeux tournés vers la fenêtre.
Avait-il bien entendu? N'avait-il pas rêvé
plutôt? Ces mots... Il s'était imaginé
l'instant où elle les prononcerait... Et là, ils
venaient de résonner dans l'intimité d'une nuit
d'amour... D'une nuit d'une fois... D'une nuit d'une histoire...D'une
nuit d'une vie?
_ J'en pouvais plus... J'en avais marre. Je ne voulais pas... Pas le
dire. Pas avouer... Mais je ne veux pas me mentir... Te renier...
Je t'aime. Je t'aime à m'en damner... Je t'aime tant que
j'en ai mal perpétuellement depuis des mois...
Je t'aime tant que je te hais d'être ce que tu es,
d'être si parfait... D'être si connu...
Je t'aime tant que...Que je m'en veux d'être allée
à cette fête... Que je me félicite
d'avoir été à cette
soirée...
Tu me fais totalement perdre l'esprit... Tout ce que je dis n'a pas de
sens... Et pourtant, ça me semble logique... Parce que tu es
là... Devant moi...
Elle leva les yeux,croisa son regard et sourit... Sourit, sourit,
sourit. Chaleureusement, tendrement, amoureusement...
_ Tu m'aimes, et tu me le dis, tu me le montres... Tu m'embrasses, on
s'embrase... Je suis perdue... J'ai peur, j'ai mal... Mais j'ai
envie... envie de t'aimer, envie de rester ici...
Elle approcha le visage du chanteur du sien, et susurra ses derniers
mots...
_ Envie de toi. Je t'aime Tout simplement... Sauf que j'ai
gagné. Tu les as dit avant moi...
_ Ce qui compte c'est que tu l'aies dit... Mais n'étant pas
mauvais perdant, je vais te donner ce que je t'avais promis...
Il lui prit la main et l'embrassa... Sa bouche remonta au poignet... Au
creux du coude... À l'épaule... Au cou...
Et par surprise, elle l'embrassa alors de tout son coeur, de toute son
âme. Collant sa poitrine délivrée de
son écrin de dentelle, contre son torse, elle lui montra sa
sincérité... Elle se montra enfin
entière.
Amoureuse et tendre.
Timide et séduisante.
Fière et compatissante.
Ils se touchèrent, se caressèrent,
s'embrassèrent, se mordirent, tendrement, voluptueusement,
avidement...
Ils se séparèrent des derniers remparts de
tissus, et encore une fois s'enlacèrent.
La pureté des émotions et de l'amour
exprimés était ainsi claire, rien ne pouvait
dissimuler un quelconque mensonge...
Dans leur plus simple appareil, ils se redirent leurs sentiments...
Sans artifice... Sans statut, sans nom, sans origine.
Deux êtres humains, qui s'aimaient du plus profond de leur
âme, de leurs coeurs...
Ils se découvrirent entièrement, ne cachant rien
de leur corps à l'autre. Ils voulaient être la
propriété de l'autre diamétralement,
totalement, sans secret.
Et c'est avec une tendresse infinie qui caractérise les
premières fois qu'ils firent l'amour, s'unissant
physiquement, parachevant ainsi la symbiose de leurs âmes, de
leurs esprits, de leurs sentiments... Et de leurs coeurs.
Dans l'obscurité de la chambre, les draps se froissaient,
des gémissements s'élevaient, des noms
étaient chuchotés, des « je
t'aime » flottaient, et le paroxysme du sexe et de
luxure couplés à l'amour s'exprima enfin, en un
cri uni, pas trop exubérant, pas trop fort... À
l'image de leurs vies, humbles, de leur relation, discrète
mais complète.
Ils s'étreignaient, tendrement, se caressaient le visage en
se fixant affectueusement.
_Ce n'est pas la fin... N'est-ce pas?
La tête délicatement posée sur le torse
du chanteur, elle sourit...
Le sommeil les rattrapait... Mais la joie et le contre coup de cette
nuit les retenaient éveiller.
_ Ce n'est pas la fin... Ce n'est qu'un début... D'une
histoire qui promet d'être un peu chaotique, certes... Mais
ça reste un début.
_ Je t'aime... Je t'aime... Reste ici...
_ ... Vous devriez dormir... Demain vous travaillez.
_ Pourquoi tu esquives?
_ Parce que je t'aime.
_... C'est pas une réponse, soupira le jeune
homme, recouvrant d'un drap leurs corps nus encore
fébriles qui frissonnaient par le froid de la
pièce.
_ Mais c'est une vérité que je
démentirais jamais. Alors que si je répondais oui
je reste, ce n'est pas dit que ça soit pour toujours... Mes
sentiments, eux sont éternels.
_... Merci, dit simplement le chanteur.
Ils se sourient à nouveaux, et enlacés ils
plongèrent dans les bras de Morphée.
Ils s'étaient liés, ils ne firent qu'un,
charnellement, le temps d'une nuit.
Ils n'étaient qu'un pour toute la vie spirituellement...
Ils ne se repentaient pas pour cette nuit...
Ils ne regretteraient jamais rien...Pour cette relation...
Un faible rayon de soleil réveilla la jeune femme, toujours
placée dans les bras du coréen.
Prudemment, elle s'extirpa de son étreinte et s'entourant la
taille d'un draps, elle ramassa ses vêtements.
Elle jetait des coups d'oeil à l'endormi. Touchée
par une telle candeur alors qu'il dormait, elle se pencha sur son
visage, l'embrassa tout doucement.
_ ... Qu'allons-nous devenir? Murmura-t-elle, alors que ses
lèvres étaient toujours contre celles du
chanteur. Vers où cet ardent amour va-t-il nous conduire...
Habituellement, je me serais déjà enfuie... Je
n'aurais pas accepter cet emploi... Mais tu m'as
transformée... Merci
Elle ôta une mèche de cheveux... Le chanteur se
mit à bouger, s'allongeant sur le ventre, tête
face à la fenêtre, les rideaux filtrant les rayons
du soleil.
Elle s'écarta, entreprenant de s'habiller pour quitter au
plus vite l'appartement... Avant qu'ils ne rentrent... Avant qu'ils ne
se réveillent.
Avant de quitter la pièce, elle prit un bout de papier, et y
nota un mot qu'elle laissa sur l'oreiller qu'elle s'était
accaparée cette nuit.
Elle s'approcha de la porte de la chambre, qu'elle
déverrouilla, puis se retourna une dernière fois
vers le jeune homme...
La vue qui s'exposait sous ses yeux était comme magique...
Les rayons du soleil tamisés par les rideaux
éclairaient le corps nus du chanteur, dont le bas du dos et
les cuisses étaient cachés par un fin drap mauve.
Son visage n'était pas visible, rendant le tableau d'autant
plus superbe.
까만 안경을 써요
아주 까만 밤인데 말이죠 앞이
보이질 않아도 괜찮아요 나는 울고 싶을 뿐이죠
Kkaman
angyeongeul sseoyo aju kkaman baminde marijyo api
bo-ijil anhado gwaenchanhayo naneun ulgo shipeul ppunijyo
Even
if it is a really black night, wear your black glasses It
doesn’t matter if I can’t see anything because
all I want to do is cry
Elle ressentit un besoin irrépressible de la
gravée dans sa mémoire...
Elle sortit son petite appareil numérique de son sac
à main, et photographia une fois, deux fois, trois fois...
Des dizaines de fois ce qu'elle voyait. Sur chaque cliché,
la scène était identique...
Mais elle avait appuyé sur le déclencheur pour
chaque larme que ses yeux laissaient échapper.
Elle se résigna enfin à ranger son appareil...
Et à emporter le polo que l'artiste avait porté
la veille.
Elle l'avait aidé à s'en défaire...
Elle prit également la paire de lunettes de soleil qu'elle
avait choisie, et qu'il avait porté pendant une prise...
Elle sentait qu'elle aurait besoin d'un soutien... De sa
présence, d'une manière ou d'une autre
à ses côtés.
Une photo, un vêtement, un objet... Et la peine semblait
déjà être moins lourde.
Même si son coeur semblait vouloir quitter sa poitrine pour
se lover contre sa moitié.
_ À bientôt...
Elle quitta la chambre à grandes enjambées, ne
voulant pas se retourner. Ne voulant pas réveiller un
regret... Elle sortit son téléphone et appela
maladroitement un taxi.
~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~_~
Sept minutes plus tard, installée dans son taxi, les larmes
aux yeux, son téléphone vibra.
Sans même prendre le temps de voir qui l'appelait, elle
répondit.
_Tu as lu mon mot, souffla-t-elle faiblement, cherchant à
garder une voix claire, et non tremblotante.
_... Oui... Alors ...
_ Ce n'est qu'un au revoir... Heureux?
_ ... Oui... Merci.
_ Hum... Ce n'est donc pas la peine de venir m'accompagner à
l'aéroport.
_ ...Tu me manques déjà...
_ ... Saranghaeyo.
Elle raccrocha. Sans un mot de plus... C'était inutile, et
il le savait.
사랑해요 나도
울고 있어요 오 난 보고 싶어서 만나고 싶어서 차라리 죽고만 싶어요 미안
해요 잘해주지 못한 나지만 이별까지도 사랑할거에요 행복한 사람이 되어주세요 제발요
saranghaeyo
nado ulgo isseoyo o nan bogo shipeoseo mannago shipeoseo
charari jukkkoman shipeoyo mi-anhaeyo
jaraejuji mothan najiman ibyeolkkajido saranghalgeo-eyo
haengbokhan sarami dwe-eojuseyo jebaryo
I
love you and I am crying too Because
I want to see you so much I rather just die I
am sorry and even if I wasn’t that good to you
I’ll love you till we separate Please
become a happy person
Elle était rendue à son hôtel.
Devant la porte de sa
« chambre », elle attrapa ses
clé... pensive. Souriante.
Une fois à l'intérieur, elle sortit l'effet du
coréen, et enfouie son visage dedans, murmura quelques mots,
la voix étranglée... Mais toujours souriante.